Expos / Sorties

Yan Pei-Ming versus Gustave Courbet

Au Petit Palais jusqu’au 19 janvier. Yan Pei-Ming/Courbet : Corps-à-corps…

Yan Pei-Ming, Oncle aveugle, 2019





Un couple de vieux me rappelle combien les lesbiennes sont aujourd’hui encore méprisées. Bref Connard & Connasse sont devant Le Sommeil de Courbet. Je les emmerde. Je les emmerde comme s’emmerdent des lesbiennes qui ne s’assument pas, qui n’assument même pas les fantasmes de mâles ô stéréotypés, et avec ô femme qui pourtant leur inflige ces regards, regards de séductrice vers ô femmes, devant ô homme, humilié.

Bref admirer… admirer les portraits de Yan-Pei Ming… « A Victor Hugo, promesse tenue » (2019), Gustave Courbet (2019), ou encore Lui (2018) au-dessus de Pierre-Joseph Proudhon et ses enfants en 1853 (Courbet, 1865).


Niveau mégalomanie, le titre, et ce n’est aucunement une critique négative à partir du moment où le tableau, la référence, et sa représentation l’imposent, well, L’artiste à 58 ans, Yan Pei-Ming (2019) par Yan Pei-Ming. Ou Delon et Géronimo réunis dans une représentation de l’égotrip.

Il y a aussi Prostituée, Amélie (1998) et Red wolf (2014) au-dessus de Autoportrait, dit Courbet au chien noir (1842).

Et Wild Game : The Way of Wolves (2011) au-dessus de Les demoiselles des bords de la Seine (été) (1857).

La sieste pendant la saison des foins (1867-68).

Et Wild Game : The Way of Crocodiles (2011) entre Les demoiselles des bords de la Seine (été) et Le Sommeil.


Wild Game : The Way of the Tigers (2011) au-dessus du Sommeil.

Et Tigre, Mon grand-père, Portrait de Juliette Courbet, sœur de l’artiste, Portrait de Régis Courbet, père de l’artiste, Ma mère.

2017, 2019, 1844, 1874, 2019.

Fall Night (2012) vs Trois baigneuses (1868)




Entre Eden et Le Sommeil : Moi

Je me pose et je suis bien…

A l’est d’Eden d’un côté, Le Sommeil, de l’autre, et devant moi le Courbet géant de Yan Pei-Ming et… je me sens bien, apaisé. Personne pour me dire quoi que ce soit. Personne pour me déranger, me mettre mal à l’aise, me regarder du coin de l’œil, bref, me surveiller. Personne. Merde y’a personne… me dirai-je demain. ok. mais là pas là alors en profiter ! De la banquette j’aperçois le petit cul d’Eve de Jules Dalou (1866, marbre). « De Dalou, l’influence du sculpteur Corpeaux est ici manifeste. Eve est représentée en adolescente gracile, agenouillée dans une pose proche du Pêcheur à la coquille exposé dans la rotonde Corpeaux. »

Est aussi présente la Bacchante d’Auguste Clésinger, variante de la Femme piquée par un serpent du musée d’Orsay.

Je me suis posé et je me sens… en sécurité, dans cet espace du musée. J’ai envie de pleurer, mais la tronche de dépressif non ! Ça ne fait plus partie de mes habitudes (bon, depuis deux jours, deux jours c’est déjà ça). J’essaye de sourire aux gens, de sourire surtout à moi-même, que ça active dopamine et sérotonine dans le flux neuronal et… bref : pas montrer tristesse à l’extérieur. Pas trop ! en tout cas… ou alors j’ai le spectre de « Thorgal caliméronoïdus aigu » revenu, qui me revient. J’ai assez comme ça à faire avec moi-même chaque jour devant la glace ! J’écris ceci et deux jeunes filles (de l’Est ?) pouffent devant Le Sommeil (« allez ! allez ! prends-moi en photo devant », que je crois comprendre).

Ça m’énerve, les gens qui résument une image érotique à une image érotique ! Ça me fait penser au portrait que j’ai dans ma cuisine d’une femme seins nus avec une bouteille de champagne à la main. Plus personne pour m’en faire le reproche ça aussi ! Pas même docteur Freud. Du moins ai-je réponse à cet obsédé sexuel. De la liberté, du vaporeux, de la docilité, et simplicité, harmonie, harmonie à la fois personnelle et voulue partagée, et rendue liberté parce que partagée. Je vais quand même aller voir ce qu’en dit le Petit Palais, du Sommeil : « Le tableau trouve son origine dans les gravures licencieuses du XVIIIème siècle et dans les évocations littéraires de l’amour lesbien, mais il est avant tout fidèle à l’univers de réalisme et de volupté propre à son auteur. »

J’apprends que le commanditaire de ce tableau est aussi celui de L’origine du monde, un diplomate turc installé à Paris, Khalil-Bey. « Courbet oppose ici deux types de beauté féminine en jouant sur le contraste des carnations et des chevelures. Courbet, qui s’est formé en copiant les chefs d’œuvre du passé, se confronte ici à l’exemple de deux grands maitres du nu féminin, Titien et Rembrandt. »

Et c’est érotique oui. Superbement érotique. La chose est que… j’y pense ! Dix minutes que je suis assis et y’aurait de quoi écrire tout un livre, rien qu’en observant l’attitude des gens, et leurs réactions, devant Le Sommeil. Je vais voir deux gardiens, leur demande s’ils n’ont pas d’anecdotes à propos. Non. « Vous savez nous on surveille on discute c’est tout… » Je poursuis ma douze millième visite de ce musée et… c’est génial…

Il n’y a personne… Je suis devant le Soleil couchant sur la Seine à Lavacourt, effet d’hiver (1880), dont l’orangé soleil rappelle Impression Soleil levant, et dont le titre est à l’origine du qualificatif d’Impressionniste, et y’a personne… Et devant le Soleil couchant de Monet… On est vendredi soir… et je suis seul…

c’est ap…

ai…

sant…

Autre battle : A l’est d’Eden (2015) vs Léon Lhermitte, Les Halles (1895).

Léon Lhermitte vs Yan Pei-Ming


Autre plaisir des yeux, des formes, le hall d’entrée du Petit Palais.




Aussi Yan-Pei Ming sur les traces de Gustave Courbet, 2019. Dans son atelier à Ornans, film de Michel Quinejure. Production : Premières lignes – Pendant ce temps-là.

Bref Yan Pei-Ming et Courbet sont dans un bateau, et je surfe sur la vague… 严培明和库尔贝在船上,我正乘风破浪 …

Vendredi 8 novembre

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