Jour d'entretien

Un Saint-Denis peut en employer un autre

Il est 10h25 mon téléphone sonne. Cette personne a tenté de me joindre plus tôt, mais mon portable était fermé/n’avait pas terminé ses longues heures de sommeil. J’ai dormi cette nuit et sans cauchemar de mémoire, mais beaucoup d’Emmanuel Macron en fond sonore (France info). Bref, focale ! L’appel est indiqué de « Saint-Denis ».

“Bonjour, monsieur, je fais partie de l’équipe de (ça doit être le festival de Saint-Denis je n’ai toujours pas payé mes places réservées il y a deux mois)… (qu’est-ce qu’elle a dit comme nom de boite ? J’ai rien compris) et nous avons sélectionné votre profil, moi je suis Raïssa et vous (ah bah non)…avez postulé au poste qui se situe du coup à l’île de la Réunion, est-ce que venir travailler chez nous vous intéresse toujours ? »… (putain c’était quoi cette offre ? Je m’en souviens pas) Euh bah oui bien sûr ça peut m’intéresser.

L’entretien est prévu mardi 30 avril, à 9h de Paris, 11h de là-bas. Elle m’envoie une confirmation de rendez-vous par mail (cool ! Je saurai à qui j’ai à faire).

L’entretien se passe. Elle me veut tout de suite, je veux de quoi faire mes bagages, donc du temps. Un mois je demande. Elle me dit ok, qu’elle a d’autres candidatures à étudier, mais ok, « à la semaine prochaine » par téléphone. Il sera question de parler de mon salaire avec le big boss.

La semaine prochaine se passe. Pas d’appel, je rappelle. Aucune réponse. J’insiste, je re dégaine les jours suivants. La semaine suivante se passe. Les semaines suivantes se passent…

Trois semaines qu’on devait me rappeler dans la semaine. Enièmes coups de fil dans le vide, et mails dans le vent.

J’me souviens qu’une fois déjà j’avais postulé à La Réunion. C’était pour travailler dans la fonction publique et c’est à l’entretien téléphonique que la personne comprit son erreur, non pas celle d’éventuellement me faire confiance, mais celle d’avoir négligé de bien regarder mon adresse postale… Elle me croyait résident de « sa » capitale, de « son » île, je ne vivais qu’à Saint-Denis de la métropole. (Là au moins ils savent d’où que j’viens puisque j’ai demandé un mois ! pour organiser mes affaires, dépoussiérer, louer mon appart…)

Le mois depuis est passé. Manque plus que le locataire, un billet d’avion, et d’penser à la crème solaire. Et de le dire à ma femme, oui. D’lui dire au-revoir… ou plus… si pas plus d’affinités accouplées avant nos adieux. Seuls les adieux ne portent pas leur nom.

Par miracle, elle me rejoindra là-bas, je serai heureux, nous serons heureux, ah la jolie utopie.

Cette année encore, c’est surtout la porte qu’elle m’a indiqué. La porte, un avion, quelle différence pour qui semble attendre, pire, pour qui semble rechercher la fin, notre fin ?

Conclusion : on vous rappellera. (j’l’ai enfin eu au bout du fil)

Conclusion encore : « à la semaine prochaine ». (j’y ai encore droit)

De ses conclusions téléphoniques, du lard ? du cochon ? Cochonne si elle ne me prend pas. Salope si elle ne me prend pas. Nous en sommes à la 457ème semaine. Ils n’ont toujours pas rappelé. Ils ont peut-être perdus mon numéro ? Je vais les rappeler.

21 mai

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