Jour de confinement,  La vie à Saint-Denis

Saison IV – Épisode poétique – Liberté, j’écris ton nom (par terre)

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

(“merde on s’est emmêlés dans la strophe !”)

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réunies

J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître

Pour te nommer

Liberté.

Paul Eluard

Poésie et vérité 1942 (recueil clandestin)
Au rendez-vous allemand (1945, Les Editions de Minuit)

Sur la place du 8 mai 1945 et après, – plus d’une heure, la liberté ?
Sur place,
de la Basilique…
Du soleil
de bonnes ondes,
Un bon sandwich aussi de chez Ricardo
Des plaisirs simples
J’allonge mes pieds dans l’herbe absente, ou par endroits
retire mon masque
Yoanna : “Je crois que c’est la première fois que je vois ton visage.”

Bref, souriez vous êtes masqués.

Souriez, souriez, petits sourieurs… et Playmobil un jour.

L’Institut italien de technologie développe des caméras contrôlant la distanciation physique
L’institut de recherche travaille sur un système capable de prévenir les responsables de la surveillance en cas de rassemblements ou de trop petites distances entre les personnes. Ce projet va être testé à l’aéroport de Gênes en vue de la restauration des liaisons aériennes.
Un programme italien baptisé “Distanciation sociale” prévoit une surveillance automatique, au moyen de caméras ad hoc, à l’intérieur de l’aéroport de Gênes – où ce système est en cours d’expérimentation – grâce, notamment, à l’apport de l’intelligence artificielle. 
Dans leurs travaux en laboratoire, les chercheurs de l’Institut italien de technologie, qui ont mis ce programme au point, ont tout d’abord généré une carte virtuelle de l’environnement. Le logiciel entoure ensuite chaque personne et trace un rayon de distanciation physique qui permet de lancer des avertissements sur le respect de la distance en cas de rapprochement inopiné. L’un des objectifs, pour la future mise en place, est d’identifier les points de rassemblement à surveiller en priorité.
Respect de la vie privée
Dans la phase 2 de développement du dispositif, l’expérimentation va utiliser le système de vidéosurveillance standard installé à l’aéroport de Gênes, qui a informé son personnel et ses utilisateurs de l’activité de recherche en cours. Cette étude pilote permet de tester le logiciel en conditions réelles de fonctionnement, lors de l’enregistrement, des contrôles de sécurité et de l’embarquement. 
Selon ses promoteurs, un algorithme garantira le respect de la vie privée des voyageurs et du personnel de l’aéroport. Toutes les images seront anonymisées et transformées en formes bidimensionnelles, rendant les personnes apparaissant sur les plans méconnaissables.
Plusieurs compagnies planchent sur ce type de caméras dans le monde. Aux États-Unis, Motorola travaille sur une caméra de sécurité qui serait dotée d’un système d’intelligence artificielle détectant si les personnes portent un masque et respectent les distances physiques requises, soit 1,80 m. La société espère déployer une solution d’ici la fin du mois de juin, qui serait destinée aux bureaux, aux usines ainsi qu’aux magasins. 

Deux expérimentations en France
Une start-up, Camio, construit également un système pour détecter les personnes trop proches entre elles, qui fonctionnerait avec n’importe quelle caméra de sécurité via un logiciel cloud. La société dessine une grille dans l’espace 3D, puis présente ces images dans une base de données qui indique les distances. 
En France, la ville de Cannes ainsi que la région Île-de-France testent des caméras vérifiant que les personnes portent des masques, dans les marchés pour la ville du Sud de la France et dans une station du métro parisien. Ces dispositifs expérimentaux sont gérés par la start-up DatakaLab, qui indique qu’aucune donnée ne sera stockée. Tout est entièrement anonyme et le dispositif n’est pas prévu à des fins de verbalisation.

Bref s’élever face à la peur.

(peureux !)

Poétiser la ville oui.

By Francis Ponge, By Robert Desnos, Aimé Césaire, Éluard… By la Compagnie La Pépite.

Deux jours plus tard : “Salut Guar ! Ouais, j’ai vu le collectif peindre et animer la place le samedi, c’était vraiment chouette. Dimanche, tous les passants et gamins qui jouaient s’arrêtaient pour lire le poème, en en faisant le tour. Malheureusement, j’ai aussi vu ce matin le service de nettoyage récupérer avec leur machine mouilleuse et frotteuse tout ce travail… Il est 11h, de ma fenêtre je vois qu’il ne reste absolument rien. Désolé… Mais bravo pour cette respiration artistique !”

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