Jour de confinement

Saison IV – Épisode des non-rogations

Épisode poétique bis, Jour de Trinité.

L’avenir appartient à ceux qui ont rendez-vous à huit heures du matin devant la Basilique. Autrement dit : no future ; à bas l’avenir. Je suis assommé de l’escalade d’hier, aussi de la bouteille d’hier soir… je l’étais du télétravail de la semaine… Bref Louis I
Louis II
Louis III
Louis IV
Louis V
Louis VI
Louis VII
Louis VIII
Louis IX
Louis X (dit le Hutin)
Louis XI
Louis XII
Louis XIII
Louis XIV
Louis XV
Louis XVI
Louis XVII
Louis XVIII
et plus personne plus rien…
qu’est-ce que c’est que ces gens-là
qui ne sont pas foutus
de compter jusqu’à vingt ?

Et les passants qui passent, les croyants qui s’arrêtent, c’est jouissif ! de ce café à les contempler, à le contempler ce poème, à la contempler cette basilique…

Une heure plus tard la messe, vite ! les flics qui raboulent on ne sait jamais pour qui… Et déambuler Saint-Denis ville… les affiches afficher… J’apprends que le fromager est aussi poète, ce sera son poème. J’apprends que cette enflure de Tariq Ramadan habite la rue pas loin ; rue des Bouchers bien sûr. Pour la peine dédicace à Tariq Radaman by Brigitte Fontaine.

C’est de saison, je passe devant la maison des masques (« des masques sculptés appelés mascarons et qui représentent les quatre saisons »). La maison des masques mais pas celle des tabourets, passage par le Pavillon pour en demander un, le café du Pavillon, pour la petite histoire, « autrefois à l’enseigne du Pavillon royal, date de la même période » que la maison aux masques. « Ce lieu de rendez-vous où se rencontraient déjà Henri IV et Gabrielle d’Estrées, selon la tradition, appartenait à un pâtissier traiteur. Les façades de ces deux bâtiments témoignent de la richesse des propriétaires bourgeois du Saint-Denis de cette époque. » Ouais bah orner la vitrine de Marguerite Charlie d’un Rimbaud. Et A ; Et E ; Et I ; Et U ; Et O ; etc. Rimbaud m’inspire une pas-contre-une-connerie de plus : Il faut toujours mettre les points sur les I. Doublement pour qui a vu les trémas.

Nous finissons la dernière affiche, terminons le blanc de meudon façon anarchie au sol, tout le long d’un bâtiment…. Au même instant un type, Antoine, m’appelle pour que je vienne récupérer des vêtements pour enfants. Je lui dis que je ne suis pas loin du théâtre, que je le rappelle dans cinq minutes. Quand j’arrive devant le numéro de sa rue, je suis halluciné d’amusement, je suis revenu sur mes pas, il habite au-dessus de l’emplacement qu’on vient de refaire… Je n’ose lui dire qui a refait la déco de la rue !

L’après-midi sera plus compliqué à gérer niveau fatigue. Est-ce parce que c’est la fête des mères ? Est-ce ce poème et tous ces « Louis » ? qui me renvoient à ce maudit jour de saint-Louis où l’amour s’en est allé, à jamais ? du quai… Pas mon cœur d’amour pour celui d’une enfant. Est-ce avant-hier, ce vendredi soir de la saint-Igor et mon retour dans un bar, ce retour d’avec les cons ! cette embrouille d’avec ce dit Maccione, con oui ! ah mais qu’est-ce qu’ils font chier les gens à manifester contre les violences policières…
Elle l’a bien cherché… Il l’a bien cherché c’est pareil… Et vive Franco ! À bas les républicains !
84 jours depuis le dernier verre en terrasse. 287 jours depuis l’au-revoir sur le quai.

On nait du chaos.

Fallait-il que j’en passe par ce manque de fou pour un jour, peut-être, faire comme Joseph dans Marie.

Le temps mène la vie dure à ceux qui veulent le tuer.

Quelques jours plus tard : “Lorraine a vu le poème et nous envoie tous ses compliments et ses bravos. Et ils ont vu le fromager qui leur a dit qu’il s’était remis à écrire. Bref, je crois qu’on fait du bien aux gens. Alors ça fait bien plaisir”

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