Jour de confinement

Saison III – Épisode 46 – La fête du télétravail

La fêeeeeeeeeeêeete du télétravail.

AH ÇA M’énerve.

Depuis sa publication jeudi soir, la première carte de France du déconfinement n’en finit pas de susciter l’agacement chez certains élus locaux. La polémique se cristallise sur trois départements classés en « rouge », la Haute-Corse, le Lot et le Cher. Or, cela serait dû à des erreurs dans la remontée des informations.

AH ÇA M’énerve. AH ÇA M’énerve. http://www.leparisien.fr/societe/carte-du-deconfinement-ces-erreurs-de-comptage-qui-ont-mis-des-departement-dans-le-rouge-01-05-2020-8309070.php « C’est incompréhensible, et c’est tout simplement du bon sens », pointe le député du Lot Aurélien Pradié.

ÇA M’énerve. ÇA M’énerve !

Tous ces tests menés dans les Ehpad, très souvent pour suspicion de Covid-19, auraient ainsi fait monter la proportion. Or, pour établir sa carte département de circulation du virus, le ministère de la Santé ne s’est appuyé que sur le taux de cas suspects de Covid-19 aux urgences, et pas sur le nombre total de tests positifs, de consultations chez le médecin généraliste ou d’appels à SOS Médecins, par exemple. « Il se trouve que ne retenir qu’un seul indicateur rend le dispositif très sensible, en particulier dans les départements pour lesquelles la population est plutôt faible comme le Lot », ajoute encore le directeur général de l’ARS Occitanie dans son e-mail.

J’savais bien que je m’étais levé de triste humeur, que les infos, fallait pas. Que celles de six heures m’avaient suffi.

J’ai encore les yeux défoncés d’hier, aussi un peu du reste, un peu trop d’habitude houblonnée ces derniers temps. J’ai rêvé d’un mouton. Moi courant dans une plaine parce que les moutons se rapprochaient et lui, ce gros mouton (mais joli) (bizarre comme espèce, en tout cas pas commun) (mais joli) (on dirait comme… j’sais pas) (de sacrés touffes) (peut-être un bélier) qui m’a rattrapé, qu’est à mes fesses, mais pas méchant, et qui se laisse caresser, et la scène qui se transforme en séance photo touristique avec tout un tas d’autres qui font de même, en rang, allez une pause photo avec le mouton beau-chelou… et moi qui y participe tout en me disant que mouais, moyen, c’est pas ce que je veux ça c’est un peu l’exploiter ce mouton beau-chelou…

Cette même nuit, j’ai rêvé du chien du voisin, qui venait se cacher chez moi. Il a l’air tendu mais en confiance avec moi. Et ça bah, qu’est-ce que c’est ? Une grande valise se trouve près de la porte d’entrée. Une valise, ok ! c’est le chien qui très probablement, de sa gueule, l’a ramené de la terrasse de vigile voisin qui l’engueulait, peut-être plus ? avant que ce chien (mais…?) ne vienne se réfugier chez moi (mais… mais c’est le chien du voisin ou un berger allemand ?). Dans la valise je fouille, rien de spécial. Des vêtements, un ou deux tupperware je crois, ou des trucs du genre, bon.

Hier je suis tombé sur ça, c’était il y a tout juste un mois. Toujours du retard moi… Et si je mettais enfin ces papiers d’il y a un mois en ligne ?

De même humeur, de même humeur qui ne passe pas. Mal dormi et pourtant wow, 12h09 quand je me lève.

Déjeuner, après déjeuner, même humeur.

Peut-être parce que j’assume pas d’avoir blagué avec ma cheffe hier, tout en ayant travaillé comme un mouton. Je lui dis que ma première pause s’est effectuée à 16h21, histoire de me plaindre. D’hab c’est cheffe. Bien sûr à mon message il lui faut surenchérir. « Moi, déjeuner à 16h50 ! J’ai fait un petit peu de cardio mais sinon tout s’est enchainé, pas eue le temps de manger ». A ce petit jeu je lui dis que je veux bien la laisser gagner sans problème. Bref bonne soirée et bon week-end du 1er mai. Poussera-t-elle le vice jusqu’à m’appeler, voir si je réponds ? Je me méfie de mes blagues, je me méfie de ses sourires, je me méfie de ces habitudes à travailler plus de chez moi qu’en ce fameux présentiel auquel la boite tient tant, bien tenir ses habitudes, ses sujets, ses matricules…

UNE ERREUR DE CODAGE EN HAUTE-CORSE
Après avoir classé la Haute-Corse en «rouge», l’ARS de la Corse a publié un communiqué sur Twitter dans lequel elle explique que «les modalités de codage du centre hospitalier de Bastia entraînent une surestimation du nombre de passages aux urgences pour Covid».

UNE AUTRE ERREUR DE CALCUL DANS LE CHER
Le département dans la région Centre-Val de Loire, a également été classé «rouge» ce jeudi. Il ne compte pourtant que trois personnes testées positives en réanimation. «Une erreur dans les données a conduit à une classification en rouge du département», rapporte Loic Kervran, le député LREM du Cher.

UN MAUVAIS CLASSEMENT DANS LE LOT
Avec 1 personne en réanimation et 15 personnes hospitalisées, le département du Lot a été classé «rouge». (…) L’ARS note ainsi que cette carte a été construite sur le calcul d’un indicateur qui compare le nombre de passage aux urgences pour suspicions de coronavirus et le nombre total de passages aux urgences. Ces indicateurs chiffrés sont renseignés par chacun des centres hospitaliers partout en France. Or “une analyse rapide de ces données a conclu qu’un nombre de prélèvements récemment effectués par des services d’urgence lotois avaient conduit ces dernières semaines à surévaluer le pourcentage de passages aux urgences pour suspicion de coronavirus par rapport à la réalité.

Bienvenue dans ce monde de calcul, de datas, bienvenue dans ce monde de merde. Bienvenue dans ce qui est critères, mesures, bilans et autres d’évaluation.

Heureusement que c’est la fête du travail.

Youpi.

Heureusement que Nara m’envoie un message plein d’espoir. Nara, je crois qu’elle s’emmerde autant que moi dans sa Creuse. Oups non, ne pas dire “sa” Creuse, elle n’aime pas. Elle est comme nous tous, elle n’est que de passage. Toujours est-il qu’elle doit vraiment bien se faire autant chier que moi pour m’envoyer un nouveau message !!!

SUPER INITIATIVE !!! Enfin une bonne nouvelle ! Le gouvernement a mis en place un site qui vous dit, en fonction du nombre d’infectés au Covid-19 dans votre quartier ou votre ville, si vous pouvez sortir, dans quel coin, les précisions villes par villes,etc.. Je l’utilise déjà, il est très précis ! Le site: www.estcequonpeutsortir.fr

On ne peut pas… On ne peut pas… oui bah j’ai envie d’aller courir ailleurs qu’en plein cul de Particules-fines District. Autrement dit, à part le parc de La Courneuve… c’est morne plaine pas morne cancer en vue…

ça y est z’ont carrément renforcé l’entrée – et ses alentours – de barricades, de barbelés. C’est tellement ridicule ! 400 hectares à l’air « libre » et ce ne sont pas les quelques coureurs et marcheurs qui changeront les statistiques… bref. Celles du budget, ça possible. D’ailleurs très vite de courir m’est peu agréable, la peur du gendarme. Tel un personnage de Larry Mc Murtry, ou Tommy Lee Jones dans la moitié de ses films, j’analyse ! j’inspecte les crottes de cheval tout le long du chemin… Celle-ci, hum, un doigt en l’air, date-t-elle d’il y a une heure ? Une heure trois quart ? De huit jours, trois heures cinquante et latitude nord degré 25 ? Je poursuis ma course et oh ! un écureuil… Je poursuis ma course et oh ! un couple de perruches à collier… Je poursuis ma course et oh ! ce parterre de feuilles vertes sur bitume c’est joli ça tiens je vais le prendre en photo… photos… beaucoup de photos… et oh merde.

Fallait courir ! m’avait dit un type la première fois que je m’étais fait chopé. Là, j’ai couru.

Même résultat… J’ai peut-être du poil aux pattes, je n’ai pas des pattes d’équidé. « Vous avez excité le cheval ! » Bam ça leur plait pas ça, j’ai beau leur expliquer que ça ne me plait pas non plus d’exciter ce beau cheval (« c’est quoi son prénom ? ») (« Il a pas de nom !!! ») (mince… monsieur le poulet ne veut pas faire ami avec moi) (et madame la poulaga surenchérit : 270 euros, allez !). Je conteste très poliment, avec insistance mais très gentiment (je suis à un doigt de le leur montrer) (je suis à deux doigts de leur dire d’aller se faire enculer) mais : « Oh !!! non ! sûrement pas, on va pas vous faire une fleur non… Quand on vous appelle vous vous arrêtez !!! Et si récidive ce sera x zéro dans ta face, et à payer dans la minute, et uniquement en billet de pascal. (Pascal… Pascal… Je l’ai pas assez écouté, Pascal) Et si récidive encore, hop garde-à-vue ! Et même que si ça vous suffit pas, hop en taule ! vous aurez le choix entre margoulins et rats ! Ils vous laveront le cul ! et blablablabla… blablabla…. blablablaaaaaaaaaaaaaaa… oui bon courage à vous aussi bonne journée au revoir monsieur ! au revoir madame ! (rester poli, rester poli…)

Et bonne fête du travail – ça fera 270 euros. Merki petit mouton.

Merki les coureurs.
Signé Le Marcheur dans ta face ( de gilet vert, de gilet jaune… peu importe la couleur c’est un gilet de pauvre).
Signés les petits poulets sur leurs grands chevaux. Allez. En ! marche ! En ! marche ! En ! Marche !…

J’suis du genre à me perdre dans la rue d’à coté alors avec un gros con et une grosse conne qui portent à l’insigne, en plus. Quand je pense à tous ces gens pour qui c’est la smala… à squatter jour et nuit dans les quatre coins de Saint-Denis mais non, s’en prendre à petit mouton esseulé dans la prairie…
(un peu l’impression d’avoir été pris pour un bleu du Maine, moi…)
Faut croire qu’il y a deux jours, je fus visionnaire et que je n’en suis pas resté à mon instinctif. Avant-hier, en pensant au papier d’hier, dans l’idée du papier d’aujourd’hui, vous suivez ? j’avais titré : Le jour d’avant sa fête.
Sa, dans ma tête c’était le télétravail. Aujourd’hui je me demande si ce n’est pas de moi dont on se paye la tête ! Et à 270 euros la tête de pipe ben… merde alors.

Encore moi ça va, j’suis même plus un faux pauvre. Mais pour les autres ?

Mort aux vaches sur leur grand ch’val.

Je me dis qu’au moins aujourd’hui, j’ai discuté avec des gens, y’a eu de l’interaction. La voilà ma pensée. Certainement un de ces exemples dont je suis à peine conscient et qui en dit long sur l’état de ma solitude. Je ferai un parallèle avec ce soir quand, certainement la suite logique, c’est une nouvelle photo que je prends d’une nouvelle recette. (quelques tranches d’haddock et boulgi-boulga de légumes avec pesto d’ail). Pff. Je me crois dans une vie d’Instagram.
Mais je n’ai pas d’Instagram. Ouf. Que Dieu m’en préserve.

Que penser aussi de mes rendez-vous quotidiens d’avec cette mésange charbonnière. Quand j’y pense, qu’est-ce que je dis que je pense dis, et vrai que, j’y pense, quand on y pense : avec ma cheffe (pff), Ludovic et Nara, et Ali Rebeihi, et Quentin l’autiste de Radio Libertaire, c’est avec la mésange charbonnière que je communique le plus. Whatz the fuck me dirait Alain Minc, ou monsieur Caca40, ou Machine Pénicaud, ou Grand Chef, etc. « Revenez au présentiel, revenez à la raison, mon ami. »

Cet aprèm, chez moi tranquilou avant d’aller au parc de La Courneuve (« C’EST MAL » m’en a pris), je reprenais la page 190, là où les flics m’avaient arrêté, la première fois. Ce serait peut-être marrant d’aller voir où je me suis arrêté, à quel passage je me suis arrêté, avant d’aller au parc. Et puis comme sur mon blog c’que j’préfère c’est ce qui ne vient pas de moi alors une citation, encore. Allez page 223.
« Ces paroles n’avaient guère réussi à apaiser son désarroi. Et Desma avait ses limites quand il s’agissait de tolérer l’absurdité féminine. Elle résista aux interrogations de Nora à quelques autres reprises jusqu’au jour où elle y mit fermement un terme : «  Ne sois pas bête. »
Nora ne le lui avait jamais reproché, naturellement. Desma n’avait pas d’enfant. Desma ne comprenait pas le déclin du jour. Elle ne comprenait pas la peur qui s’emparait de Nora quand Emmett partait, ou quand un bruit agitait les broussailles ; la peur qui s’empara également d’elle le jour où, quelques semaines plus tard, le cheval pie et son cavalier étaient apparus sur la colline. »

Je crois que là c’est bon, je suis immunisé. Foutue répression qu’elle est efficace !

Ce soir, je m’arrêterai à la page 251.

« Si jamais notre situation fâcheuse te désespère, Burke, reprends courage en te rappelant que tu comptes parmi une quarantaine d’âmes encore en vie, sans doute, qui ont voyagé par voie de terre et de mer depuis le Levant jusqu’au Pacifique. Tu as parcouru plus de trois mille kilomètres dans le désert, et pendant que le cheval et le mulet, tes proches, s’estropiaient dans les landes et gémissaient autour de tonneaux d’eau vides, tu te bornais à poursuivre ta route. »

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