Jour de confinement

Saison III – Épisode 42 – Les jours d’un télétravailleur et Les nuits d’un damoiseau

Et aller ! et encore… un rêve encore en cuisine ! Et allez ! encore avec Déborah… allez… pff.
C’EST QUOI CES RÊVES PUTAIN !?!!!!! J’arrête pas.
En cuisine, mais toujours pas à faire la cuisine.

Pour la peine la revue de presse attendra, j’vais me faire des pancakes, z’ont qu’à me virer ah ah fallait pas me recruter comme un fonctionnaire, je me comporte comme un fonctionnaire.
Pour la peine aussi, arrêter. Arrêter de m’acharner… j’sais pas cuisiner sucré, j’sais pas cuisiner sucré, c’est tout. Faut me l’admettre c’est tout…
C’est pas dégueulasse hein…
mais bon ! c’est pas très pas dégueulasse…
Mieux vaut aller travailler à des choses inutiles plutôt que d’y comprendre quelque chose, merde, à tous ces rêves. Se déconcentrer et ce sera pas pire, alors faire attention. L’axe l’axe l’axe et tant pis si l’axe doit y il doit y passer par là là le travail débile là…
Thugz télétralife matinée.

12h38. Bonjour Guar,
J’espère que toi et les tiens allez bien. En l’absence de Vincent, je te fais suivre ce mail. Je te remercie par avance, de toute l’attention que tu lui porteras.
Bien à toi,
Fernande

« Les tiens ». Les tiens. Les miens. Les miens… Qui ?

Y’a des communiqués qui me donnent des idées, je vais porter plainte contre mes rêves. Ces communiqués, ils me rappellent aussi, c’est intéressant de s’en rappeler, et de ces grèves de décembre, et de janvier, et si ce corona lui aussi allait dans le sens de certaines habitudes à continuer de prendre… et les miennes aussi au passage… me lever tôt, bosser, faire de bonnes choses, faire attention à moi, m’écouter, me commander… bien m’axer… et bref me rappelle ce titre d’enculé, ce titre du Point : Comment la CGT ruine la France. Aujourd’hui j’ai (encore) écouté les infos (quel con). Entendu la polémique bis repetita des masques, entendu aussi l’appli qu’on veut nous imposer pour suivre à la trace, un peu comme une chaudasse de femelle escargot, notre petit cul. Bref aujourd’hui c’est pas la CGT le problème, encore aurait-il fallu que ça l’eut été un jour (c’est TRÈS TRÈS moche je trouve dit comme ça) et aujourd’hui, aujourd’hui surtout aujourd’hui depuis des mois c’est un peu : Comment le gouvernement ruine la santé des Français.
Vous verrez qu’un jour, on ne s’en prendra pas qu’aux pangolins chinois. Vous ne le voyez pas le rapport, moi je le vois très bien, je le vois très très bien.

Transition ? ai-je dit transition ?

J’ai la gorge enrhumée et c’est depuis que je vais courir ça, y’a pas de mystères, j’en avais la conviction à mes retours de chez mamie et papi nature ces dernières années, et ce au bout de dix minutes, pas plus. D’où mes déconfinements d’avant confinement, désensibilisations aux acariens, graminées, pas de quoi en faire un fromage juste une maladie moderne, banale, de plus en plus banale, tellement banale. Et confiné j’allais mieux, mes nasaux se sentaient mieux… Et à courir ça ne va pas mieux, que ce soit au Stade de France ou là sur les berges du côté d’Épinay. Pourtant, moi, naïf, je pensais que ça irait, que tout roulerait comme dans du beurre, ou comme Moïse sur la Mer Rouge, sur ces berges, vu que l’onction est tombée sur moi et que, par ces endroits nous ne sommes pas à l’abri de tomber sur Jésus-Christ l’évangéliste, alors oui tant pis ça ira, courir là, encore faut-il que je suive, mais avec assiduité, ne pas regarder par la fenêtre, écrire là, le dernier thème de l’église de la foi vivante internationale et Comment devenir un tueur de Goliath. C’est Bernard Lavilliers qui ne va pas être content, s’il apprend qu’on y pratique le blasphème, ici bas. Ici Saint-Denis gros, wesh. Du fake tiens encore devant moi. L’Antiquité du futur, enseigne bien sûr fermée, enseigne bien sûr dévalisée. Du fake tiens toujours. Cette péniche a beau indiquer Honfleur, je ne suis pas du coté de chez Swann, je suis du côté des particules fines. Je cours, passe devant les vignes d’Épinay qui, je n’en doute pas, font de la piquette dégueulasse, pléonasme.

Sur les bords entre Saint-Denis et Épinay, autrement dit sur le bord des bords bien bien sales… c’est bien simple des déchets des déchets des déchets… des cygnes tout de même pour venir picorer… ok… (je crois que c’est bon signe non ? si y’a des cygnes ? sur la bonne santé de l’eau tout ça) (pour venir picorer quoi ? des canettes ? des seringues ?) j’y croise aussi de quoi passer son permis bateau, et une amatrice de sport chelou asiatique, et un restaurant à pourquoi pas tester un jour en compagnie de… ??? et des flics dans une voiture à attendre… à attendre le chaland à 135 euros ? Vite accélérer le pas au chemin de Halage j’ai quelques degrés à perdre au bide et j’en ai assez perdu sur le compte en banque à renflouer de chez Macronie II…
Au passage j’y croise le peuplier de Simon, enfin ! le peuplier, apprends-je, (c’est moche non dit comme ça ?), le peuplier, dis-je, (aussi ?) est la plante nourricière d’un gros papillon de nuit, le Sphinx du peuplier qu’il est possible de voir au pied des arbres au printemps une fois sorti de sa chrysalide. Au pied du bitume moi, en cette ère du confinement post-évolution intérieure, j’y vois très souvent de la poésie, même là où je n’en voyais pas. Même que des fois cette poésie, dans ma tête, dans mon œil à moitié plein (lui aussi) j’y vois comme de la belle violette qui sent la bonne chatte qui me manque. Quoi ?
Ah bah oui mais c’est ça aussi le confinement.
Au passage j’y note le mot « amblystome », connais pas, je demanderai à Wikipedia ce soir. (tout le monde a beau dire que c’est pas son pote, à Wiki, « c’est pas mon pote ! c’est pas mon pote moi ! » Wikipedia c’est juste que tout le monde il est trop dur avec lui) (moi je l’ai toujours trouvé correct) (ok des fois il est un peu limite mais je l’ai encore jamais entendu dire des grosses conneries) (qu’il se soit trompé dans la date anniversaire de Pedro ou Micheline ? pff c’est rien ça) (moi il m’est arrivé de me tromper sur mon âge, voyez) (l’envie de me croire encore djeuns, p’t’être)

Honfleur-sur-Seine-Saint-Denis, ou Saint-Denis-sous-Déchets, c’est à peu près pareil, ce sont les bucoliques quais de seine 93.0 version bouteilles de Coca, seringues, et bouteilles d’un peu tout en fait…

Je reviens de chez courir et Nara me conseille d’aller me faire non pas enculer, c’est une pote, mais d’aller me soulager, devant ma confidence à des envies parfois furieuses de sexe. M’autoriser un coup, mouais. Avec qui ? Le mur ? « Mieux que rien ! ». Paraît que c’est prouvé, que de se « soulager » (c’est tellement beau dit comme ça) est excellent pour la santé et le moral, que ça libère des endorphines ! Son vice, Nara, elle le pousse jusqu’à m’envoyer un classique, Les nuits d’une demoiselle. C’est vrai, je le concède, je ne serais pas contre, à vrai dire furieusement pour.
Après, laisser parler le corps je veux bien mais pas avec n’importe qui non plus, une conne allez à la limite et encore, mais surtout pas une prostituée du sentiment ou pire, une vegan.

Son vice, à Nara c’est qu’elle m’envoie avec cette chanson, une vidéo coquine. Comment les escargots se reproduisent-ils ? « Un escargot est sourd et quasi-aveugle » (ça commence bien). « Pour trouver un partenaire, il va donc suivre une trainée de bave »… Et l’association d’idées me rappelle que si ça continue tout ce bordel, ou plutôt non, c’est un sacré non-bordel nom de merde oui plutôt ! c’en est pas du tout dans le slip alors que bon, des fois, ou tout le temps, tout le temps ça me frétillerait quand même bien un petit peu l’asticot d’aller caresser le gardon… d’aller sucer une friandise, et de bien lui empeser toute une chemise tiens. J’irais bien c’est vrai, j’irais bien des fois, au détour d’une rencontre, aller picorer un bonbon, lui frotter la péninsule, béliner son joyau, bref lui remplir le vestibule, lui ramoner l’abricot.

Et pourquoi pas la farcir aussi un peu hein, cette mottelette ? Couvrir le rigondonne, et faire aussi un petit peu gonfler la mouflette, de quoi donner le picotin quoi, à la demoiselle inconnue que je rencontrerai bien un jour, et de quoi déconfiner ensemble, de quoi aller hu, hugger, allez allons dans les bois hugger la motte de foin… laminer l’écrevisse… se faire foyer le cœur fendu… y tailler de la pelisse… y planter le mont velu… briquer le casse-noisettes… de quoi bien faire mamourer le bibelot… sabrer la sucette… reluire le berlingot… la mignardise… bref lui rafraîchir le tison QUOI !!! (émoi) et grossir la cerise, nourrir le hérisson…
chevaucher la chosette…
et quoi encore et toujours toujours la même quoi… de quoi chatouiller un bijou, bricoler une cliquette, de quoi y gâter un matou ah… toute cette association d’idées je disais, me laisse à douter quant à mes choix de ne pas vouloir rencontrer chatte via un site de rencontres…
à force j’sais plus moi je sais plus trop bien quoi penser de mes choix d’idéaux…
Le confinement c’est bien mais ça dépend où… et combien de temps…
Ou Les nuits d’un damoiseau 8.0.

Depuis deux jours, c’est à 20 heures, puis à 22 heures que l’on applaudit. Enfin à 20 heures on applaudit, à 22 heures on youyoute. C’est mon voisin Himmler Junior qui doit être ravi. Bizarre, je l’entends pas grommeler. L’a peut-être attrapé un mauvais rhume. Ou alors il fait le ramadan.
Ouais.
Il a du attraper un mauvais rhume plutôt…

et putain que je suis fatigué, et putain que ça fait des jours, et putain que tenir bon allez, le rythme le rythme le rythme ou je laisse tout tomber tout mon corps sur le canap’ et hop cliquer sur gné gné la télé… tenir tenir tenir l’esprit du tee-shirt de Jean-Paul Dubois est avec moi. Cet aprèm, à la sieste, une rediffusion indiquait qu’il portait un tee-shirt bleu « australia » et, comme par hasard ce soir j’ai mis mon vieux tee-shirt bleu « australia » tout vieux de 2009 et tant pis si l’on voit à peine les lettres A et U et S et cætera…

ah bah mince. « Adieu le Sphinx ». Robert Herbin une vie en images etc. et le coronavirus en fin de vie. Ou pas ? Dans tous les cas ! CORO CORO ON T’EN… AH NON ON NE T’EMBRASSE PAS.

J’allais aussi pour – penser à bientôt aller dormir – bientôt finir ce papier plutôt que la bière – y penser à le finir, ce papier – et je me dis que ce temps doit être précieux, une chance, une expérience unique pour qui sait s’aimer et se retrouve, ensemble, le temps d’un confinement. Et que ce doit être étrange aussi, un confinement seul…

Que c’est étrange de regarder oui tout ça, d’un œil que je voudrais extérieur…

Oui, on le voit tous, la situation de ce moment est propice au pire. Entre les conséquences de la pandémie et le cheval de Troie qu’elle est devenue pour tous ceux qui nous gouvernent, Medef en tête… pour les curieux, vous pouvez essayer le Code du Travail en temps de Loi d’Urgence Sanitaire… un vrai bonheur, vous m’en direz des nouvelles. Mais on sait tous, ou on devrait le savoir, que la suite risque d’être bien pire. Les chiffres du chômage qui sont tombés aujourd’hui sont annonciateurs d’un bouleversement social et économique historiquement “exceptionnel”. Alors préparer “Le jour d’après” me semble une nécessité impérative, et ce jour là ne sera plus le temps ni de l’attentisme ni des grèves par procuration. En cette semaine de 1er Mai, c’est peut-être le moment de réfléchir sérieusement, individuellement et collectivement, à la suite et surtout : jusqu’à où sommes nous prêts à nous battre ?
Allez, restons optimistes, ceux là ces derniers temps nous ont fait rire et sourire, ici et ailleurs : Utile ? Les Goguettes

…. l’original commence ainsi :
“À quoi sert une chanson si elle est désarmée?”
Me disaient des Chiliens, bras ouverts, poings serrés

J’ai pas fini de chanter Bella Ciao 😉
Et puis cadeau, en PJ, la nouvelle autorisation de sortie pour vendredi

Petit aphorisme marxiste pour ce début de semaine : Nous n’avons rien à perdre qu’un monde à gagner
Portez vous bien
Renaud
(pas encore trop vieux et raisonnablement alcoolique !!!)

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