Jour de confinement

Saison III – Épisode 41 – Les Moucherons II

Ou Les petits moucherons II – La revanche des petits-enfants (chiites).
Les petits-enfants et la patrie reconnaissante

Il est cinq heures du mat’ et je crois que je ne dors toujours pas. La nuit France Culture avec Fabrice Lucchini. Qu’est-ce qu’il est chiant et hypocondriaque, Luchini, quand il ne fait pas son show ou qu’il n’y va de sa science. Et je l’adore pourtant, quand il fait son show et qu’il y va de sa science.
Huit heures, il est huit heures et qu’est-ce que je reste éveillé, et because. La méfiance, la méfiance, l’expérience. Je les entends. Ils sont là. Bzzzzz … bzzzzz… les petits-enfants du jour 33.
Je l’avais pourtant dit, que nous aurions tout à y gagner de reconnaître nos crimes, nos manquements, notre histoire commune. Maintenant c’est trop tard et les petits-enfants brûlent le drapeau blanc de notre patrie commune, ils crient « nique ta nuit ».
Il est huit heures et mes yeux je le sens déjà vont faire la gueule toute la journée, il est huit heures et – bzzz… bzzz… – huit heures et quelques et qu’est-ce que j’abdique. On dirait un pays laïc et qui ferait dans l’exception du confiné pieux.
Parmi les messages du jour, la papesse de l’atelier d’écritures qui s’interroge sur mon silence de ces derniers jours et, un message de Ludovic. À 8h07 ouhla… ça lui ressemble pas.
Le titre : La nuit porte conseil.
Ouhla…
Mes peurs primaires me laissent à craindre qu’il s’agit là de mauvaises nouvelles. Évidemment que non. He’ back c’est tout, HE’S BACK IN THE BAC.

Ma contribution à la fin du monde – from Périgord

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La question se pose : qui va soigner les applaudisseurs ?

Bienvenue dans le siècle du réjouissement, de l’indignation, du
ralentissement duveteux de nos masses encéphales, de l’émotion brute
comme un shoot de non-pensée consommationnelle sous blister étiquetée,
un point zéro, atomique. Tout ! Pourvu que ça ne passe pas par le canal
conscient, que ça tape dans ton “ça” comme un bon check.

Ranimer l’action, les faits, la science et taire l’émotion, celle qui se
met en branle comme un automatisme. Celles des masses assujettis au
devoir de paraitre, ainsi qu’à celui de complaisance, par et vers le
regards des autres et non vers soi. Se regarder serait-il trop pauvre ?
Quand je dis taire l’émotion, je ne parle pas de la rare, de la
découverte fortuite, de l’eurêka naturel ou simplement du beau.

Le faux semblant du collectif actuel est un nombrilisme sourd qui nous
empêche de regarder vers nous pour y trouver un quelconque intérêt et
fini par nous nuire en tant que société.
Je me dis :
Il est curieux qu’on applaudisse au lieu de pleurer.
Il l’est encore plus qu’on ne sache se taire et apprécier l’introspection.
En voilà un symptôme et celui là est plutôt lourd.

Nous devrions compter des faits, il pleut de l’émotion.

Il n’est plus de choix propre mais des destins démonstratifs,
aimerions-nous nous faire croire ?
Pour préparer à quoi ? Une mort collective ? Une mobilisation générale ?
Une pensée (en) uniforme ?

Nouveau virus de l’esprit.
Nombrilisme de la pensée.
Perte de sens.

Je ne me contenterai pas de m’indigner car s’indigner n’est pas agir,
applaudir n’est pas agir. Faut-il le crier ?

Maintenant que les soignants sont sur rotules, qui va soigner les
applaudisseurs ?

(HE’S BACK ! HE’S BACK !!!)

Autre message, autre message de gens chelous. Après celui d’un chti, celui de schleus.

[Discussions] 2 gestions différentes de la crise Allemagne et France
Bonsoir la liste! 
Merci encore de toutes ces infos qui circulent et cette vitalité. Je vous invite à lire les explications de cette Française vivant en Allemagne depuis 10 ans sur la différence de gestion de la crise entre Allemagne et France. Organisations politiques, cultures, économie, mentalités et Jean passe.
J’ai trouvé cela très bien expliqué, clair et vous le partage.
@+
Thibaud du mercredi.

11h30. Je craque. Je retourne la salle de bains… Mes boules quiès en cire sont restées au bureau, je me rabats sur les en-mousse.
J’entends encore le chien, mais moins.
Ça fait comme un bruit de crique en continu.
Cette salle de bains, penser aussi à faire le grand ménage. À la cave tout ça bientôt allez hop ! quand la cave se sera un peu vidée, quand hop débarrassé enfin de ces autres encombrants, alors cette salle de bains tous ces trucs toutes ces trousses et porte-savons, etc tout ce qui était chez ma mère et qui prend cette année encore la poussière. Ces trucs que je ne veux pas jeter, et que pourtant je ne veux pas voir.
Le réflexe est tenace, conserver conserver conserver. On ne sait jamais ou plutôt si, des fois on sait. J’ai trop regretté d’avoir abandonné, donné, du jour au lendemain hop ! ça me prenait, se débarrasser des billes, toutes les billes, les calots, cocards ! boulards ! les mamouths ! et mes chevaliers du zodiaque, et mes albums paninis, etc. Si je les regrette encore aujourd’hui, pourquoi je ne regretterai pas dans 10 ans, 15 ans, 50 ans ! les trousses de toilettes même pourries, déjà toutes pourries de feu ! Maman ?
Quand on a la sensation de plus avoir grand-chose, du moins de ne plus avoir grand-monde dans ce monde, déjà, déjà à 37 ans de manquer terriblement d’êtres, des êtres organiquement vivants autour de vous, des êtres humains, votre famille, une famille alors on se raccroche à ce qu’on peut, des signes, des objets, n’importe quoi mais surtout pas n’importe qui, ou alors ce serait se mentir, ne pas s’élever, ne pas poursuivre son chemin vers sa propre indépendance de corps, d’esprit et d’âme. Et s’accrocher, s’accrocher… La vie est un beau à parcourir, la vie est une belle à conquérir… et…
et…
Déborah, Déborah n’était pas n’importe qui, encore moins n’importe qui dans ma vie, et c’est ce qui rend la rupture encore plus difficile à vivre, bien que nécessaire, évidente. C’est la vie, c’est la vie.
et.
et.
La vie est un beau à parcourir, la vie est une belle à conquérir, et. J’en ai marre, moi. J’en ai marre moi de ces bruits étranges dans la nuit, de ces strange fruit comme le chantait du fond de son cœur Nina Simone. Ces bruits qui proviennent de vous en vous, et qui vous regardent, les yeux dans les yeux. Ces yeux qui à trois heures, à quatre heures, à cinq heures et encore plus la journée, tout éveillé, vous disent encore et toujours : voici les ombres, qu’en fais-tu ?

Bref Elle faisait prendre l’air à sa tortue

Si on ne peut même plus sortir sa tortue tranquille. Lundi, une habitante de Rome a justifié sa présence dans les rues de la ville éternelle auprès des forces de l’ordre en disant qu’elle souhaitait simplement “promener sa tortue.” Justification un peu légère pour les carabiniers, qui ont infligé à la sexagénaire une amende de 400 euros. Selon les données du ministère de l’Intérieur italien, un nombre record de verbalisations ont été dressées en Italie à l’occasion du Lundi de Pâques.
Sinon, dans la même veine, un homme a été appréhendé dans le 11e arrondissement de Marseille alors qu’il faisait “prendre l’air” à son boa, et un couple verbalisé dans le Vaucluse alors qu’il promenait son lapin en laisse.

Il chassait des Pokémon
En Espagne, un Madrilène de 77 ans s’est fait coincer non à cause d’une tortue ou d’un lapin, mais alors qu’il était en pleine chasse de créatures virtuelles sur l’application Pokémon Go, rapporte le quotidien national El País. La police municipale de Madrid n’a pas manqué de se fendre d’un tweet réprobateur, en rappelant que “chasser des Pokémon, des dinosaures ou toute autre créature magique” était interdit durant la période de confinement.

(…) Dans le même ordre d’idée, dans la Manche, un habitant de Cherbourg a été verbalisé parce qu’il avait rajouté la case “apéro” sur son attestation de sortie.
Ce qui me fait penser à l’épisode je sais plus combien de Pierre-Emmanuel Barré.

(…) Cette polémique, est “une comédie” tacle Brigitte Fontaine. “Ça m’est complètement égal, les vieux feront ce qu’ils voudront. Ou alors faut-il leur couper la tête à 65 ans ?” 
Le plus scandaleux dans cette affaire réside dans les mots employés tient-elle à préciser :
Ça m’exaspère quand on dit ‘personnes âgées’, ou ‘les séniors’, alors qu’on parle des vieux, car c’est bien de cela qu’il s’agit, les vieux ou les vioques ! Tout aussi nul et insupportable quand on dit que tel a décédé ou qu’il nous a quitté au lieu de dire tout simplement il est mort.

Dans une ultime et vaine tentative de conforter les propos de l’artiste avec son œuvre on rappelle à Brigitte Fontaine qu’elle a écrit une des plus belles chansons sur le sort des vieux dans nos sociétés occidentales contemporaines. Prohibition (2009). La chanson s’ouvre d’une manière tonitruante : “J’exhibai ma carte senior
Sous les yeux goguenards des porcs
Qui partirent d’un rire obscène
Vers ma silhouette de sirène”
Et dans un couplet tout aussi inspiré l’auteur-interprète résume la situation ainsi :  
Les vieux sont jetés aux orties
A l’asile aux châteaux d’oubli
Voici ce qui m’attend demain
Si jamais je perds mon chemin”
Brigitte Fontaine fait mine d’avoir oublié les paroles de sa chanson : “Je ne me souviens que du refrain, “je suis vieille et je vous encule”, à cause du détail scandaleux bien sûr”. 

– Cinq chansons de Brigitte Fontaine synchrones avec ce que nous vivons :
1- La grippe (1967) 
2- Prohibition (2009)
3- Hollywood, en duo avec Christophe (2011) 
4- Genre humain (1995) 
5- J’irai pas (2020)

[Discussions] et le pire reste à venir…
Pour info…
Une mobilisation s’organise et des copains sont en contact avec eux.
Francine

Le vent est sauvage oui, le vent est sauvage. Mais la vie est belle. C’est tout.
ET BIEN SUR faut que j’écrive ça pour tomber tout de suite après sur ça :

j’ai écrit aussi une chanson pour ma fille, Eugénie, parce qu’elle a un peu plus d’un mois maintenant et elle est née dans un monde du silence, comme aurait dit Cousteau à l’époque. Donc, je lui ai écrit une petite chanson sur les bruits, les jolis bruits de la vie ! Voulez-vous que je vous chante une strophe ? 
(il chante)
Tip top tip top, font les gouttes sur le toit 
Flip flop flip flop, font mes pas dans la boue
Cui cui cui cui, fait l’oiseau dans son nid
Pin pon pin pon, fait le camion dans la ville 
Tous ces petits bruits, tous ces jolis bruits
Tous ces bruits, Nini 
C’est les bruits de la vie !
C’est tout à fait déstabilisant ce silence. Alors, bien sûr, il est apaisant mais s’il est suivi par un immense tohu-bohu qui est celui de la vie et de la ville, j’aime autant la préparer à ça par une jolie chanson.

Sinon, ce soir, à la télé LES FILMS CORONA PRESENTENT Bourvil & Fernandel dans un film de Gilles Grangier

La Cuisine au beurre

Sinon, cet après-midi, je suis allé récupérer du terreau chez un particulier (système D, brouette B) et je suis même tombé sur des vestiges de l’époque nikoumounovingienne.

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