Jour de confinement

Saison III – Épisode 40 – Le chant des oiseaux et des roses

Je me réveille au – passer l’insomnie de six heures – son – je me réveille… ou plutôt je m’éveille au son des oiseaux… et mettre le son à fond ça couvrira les pleurs du chien du voisin… (j’ai encore rêvé de cuisine) (et y’avait Déborah) (c’est fou le nombre de rêve où je suis à la cuisine)

Avant-hier, de ma fenêtre, j’ai entendu une oie bernache du Canada passer… c’est bien sûr la première fois que j’en fais l’observation. Passer du Canada de La Courneuve aux quartiers du périph, c’est pas banal, non. (ah oui ! et aussi le bâtiment de la mairie de Saint-Denis que je n’avais jamais observé comme ça… ses environs non plus… sympa les hauteurs, ce parc… la vue sur ce lion géant de marbre façon sphinx de chez Egyptia… sphinx que j’avais eu à audiodécrire il y a deux ans dans ce qui fut un énième début de carrière professionnelle inachevé… ce lion façon Gizeh de Saint-Denis un mix avec cette magnifique visite que j’ai faite hier devant mon écran ?

C’est alors qu’apparut le renard:
– Bonjour, dit le renard.
– Bonjour, répondit poliment le petit prince, qui se retourna mais ne vit rien.
– Je suis là, dit la voix, sous le pommier.
– Qui es-tu ? dit le petit prince. Tu es bien joli…
– Je suis un renard, dit le renard.
– Viens jouer avec moi, lui proposa le petit prince. Je suis tellement triste…
– Je ne puis pas jouer avec toi, dit le renard. Je ne suis pas apprivoisé.
– Ah! pardon, fit le petit prince.
Mais, après réflexion, il ajouta:
– Qu’est-ce que signifie “apprivoiser” ?
– Tu n’es pas d’ici, dit le renard, que cherches-tu ?
– Je cherche les hommes, dit le petit prince. Qu’est-ce que signifie “apprivoiser” ?
– Les hommes, dit le renard, ils ont des fusils et ils chassent. C’est bien gênant ! Ils élèvent aussi des poules. C’est leur seul intérêt. Tu cherches des poules ?
– Non, dit le petit prince. Je cherche des amis. Qu’est-ce que signifie “apprivoiser” ?
– C’est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie “créer des liens…”
– Créer des liens ?
– Bien sûr, dit le renard. Tu n’es encore pour moi qu’un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n’ai pas besoin de toi. Et tu n’as pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu’un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m’apprivoises, nous aurons besoin l’un de l’autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde…
– Je commence à comprendre, dit le petit prince. Il y a une fleur… je crois qu’elle m’a apprivoisé…
– C’est possible, dit le renard. On voit sur la Terre toutes sortes de choses…
– Oh! ce n’est pas sur la Terre, dit le petit prince.
Le renard parut très intrigué :
– Sur une autre planète ?
– Oui.

On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux…
c’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui a fait le temps si important… « C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante »
des sensations des mots des pensées qui me résonnent, qui résonnent à mon cœur entier…

– Il y a des chasseurs, sur cette planète-là ?
– Non.
– Ça, c’est intéressant ! Et des poules ?
– Non.
– Rien n’est parfait, soupira le renard.
Mais le renard revint à son idée:
– Ma vie est monotone. Je chasse les poules, les hommes me chassent. Toutes les poules se ressemblent, et tous les hommes se ressemblent. Je m’ennuie donc un peu. Mais, si tu m’apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sous terre. Le tien m’appellera hors du terrier, comme une musique. Et puis regarde ! Tu vois, là-bas, les champs de blé ? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c’est triste ! Mais tu as des cheveux couleur d’or. Alors ce sera merveilleux quand tu m’auras apprivoisé ! Le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j’aimerai le bruit du vent dans le blé…
Le renard se tut et regarda longtemps le petit prince:
– S’il te plaît… apprivoise-moi ! dit-il.
– Je veux bien, répondit le petit prince, mais je n’ai pas beaucoup de temps. J’ai des amis à découvrir et beaucoup de choses à connaître.
– On ne connaît que les choses que l’on apprivoise, dit le renard. Les hommes n’ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n’existe point de marchands d’amis, les hommes n’ont plus d’amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi !
– Que faut-il faire? dit le petit prince.
– Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t’assoiras d’abord un peu loin de moi, comme ça, dans l’herbe. Je te regarderai du coin de l’œil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t’asseoir un peu plus près…
Le lendemain revint le petit prince.
– Il eût mieux valu revenir à la même heure, dit le renard. Si tu viens, par exemple, à quatre heures de l’après-midi, dès trois heures je commencerai d’être heureux. Plus l’heure avancera, plus je me sentirai heureux. A quatre heures, déjà, je m’agiterai et m’inquiéterai; je découvrirai le prix du bonheur ! Mais si tu viens n’importe quand, je ne saurai jamais à quelle heure m’habiller le cœur… Il faut des rites.
– Qu’est-ce qu’un rite ? dit le petit prince.
– C’est aussi quelque chose de trop oublié, dit le renard. C’est ce qui fait qu’un jour est différent des autres jours, une heure, des autres heures. Il y a un rite, par exemple, chez mes chasseurs. Ils dansent le jeudi avec les filles du village. Alors le jeudi est jour merveilleux ! Je vais me promener jusqu’à la vigne. Si les chasseurs dansaient n’importe quand, les jours se ressembleraient tous, et je n’aurais point de vacances.
Ainsi le petit prince apprivoisa le renard. Et quand l’heure du départ fut proche:
– Ah! dit le renard… Je pleurerai.
– C’est ta faute, dit le petit prince, je ne te souhaitais point de mal, mais tu as voulu que je t’apprivoise…
– Bien sûr, dit le renard.
– Mais tu vas pleurer ! dit le petit prince.
– Bien sûr, dit le renard.
– Alors tu n’y gagnes rien !
– J’y gagne, dit le renard, à cause de la couleur du blé.
Puis il ajouta:
– Va revoir les roses. Tu comprendras que la tienne est unique au monde. Tu reviendras me dire adieu, et je te ferai cadeau d’un secret.
Le petit prince s’en fut revoir les roses:
– Vous n’êtes pas du tout semblables à ma rose, vous n’êtes rien encore, leur dit-il. Personne ne vous a apprivoisé et vous n’avez apprivoisé personne. Vous êtes comme était mon renard. Ce n’était qu’un renard semblable à cent mille autres. Mais j’en ai fait mon ami, et il est maintenant unique au monde.
Et les roses étaient bien gênées.
– Vous êtes belles, mais vous êtes vides, leur dit-il encore. On ne peut pas mourir pour vous. Bien sûr, ma rose à moi, un passant ordinaire croirait qu’elle vous ressemble. Mais à elle seule elle est plus importante que vous toutes, puisque c’est elle que j’ai arrosée. Puisque c’est elle que j’ai mise sous globe. Puisque c’est elle que j’ai abritée par le paravent. Puisque c’est elle dont j’ai tué les chenilles (sauf les deux ou trois pour les papillons). Puisque c’est elle que j’ai écoutée se plaindre, ou se vanter, ou même quelquefois se taire. Puisque c’est ma rose.
Et il revint vers le renard:
– Adieu, dit-il…
– Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple: on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux.
– L’essentiel est invisible pour les yeux, répéta le petit prince, afin de se souvenir.
– C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.
– C’est le temps que j’ai perdu pour ma rose… fit le petit prince, afin de se souvenir.
– Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l’oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose…
– Je suis responsable de ma rose… répéta le petit prince, afin de se souvenir.

ah bah non. quoi trouver ? oui voilà une connerie, une connerie pour détourner l’émotion.
Et voyager… voyager.
Et ce doux bourdonnement des abeilles… comme un souvenir mielleux, comme un souvenir collant… comme une histoire qui me fut qui m’est qui me sera toujours marquante. L’histoire de deux belles roses. Ou, pour m’évader sinon sinon ! pour voyager y’a aussi toujours ces apiculteurs.

Le terme « sphinx » vient du grec ancien Σφίγξ / Sphínx qui signifie « étrangler », lui-même dérivé du sanskrit स्थग, sthag, en pali thak, signifiant « dissimulé ».
Une autre interprétation l’attribue à l’égyptien ancien Shesepânkh qui signifie « statue vivante » ou « automate ».

Ou quand l’inconscient frappe à votre porte, toujours, toujours et vous rappelle à vos crimes ces faits, vos crimes d’étrangle, sur une rose, une rose, une belle rose malgré tout malgré sa volonté malgré vos crimes, une rose. Qui sera toujours plus qu’une rose. Une femme. Un être humain. Un être à respecter.

Un jour j’espère, j’arriverai jusqu’à dépasser ses logiques recherchées, un jour j’espère j’arriverai là devant elle elle ma paix intérieure… et jusqu’au pardon, la rancœur dépassée, un jour j’ arriverai jusqu’à mon socle de grandeurs, mes élévations, un jour arriver, arriver à hisser ce cœur meurtri par tant de sale égoïsme, un jour arriver à un jour et me pardonner et lui pardonner un jour j’espère jusqu’à un jour penser mon amie la rose.

Et de citron, du citron, j’ai aussi rêvé de citron !

[Discussions] Les Supermarchés Coopératifs…
Un article sur les Supermarchés Coopératifs avec leurs investissements, (1.500.000€ pour la Louve, 250.000€ pour la Cagette de Montpellier),  leurs subventions (200.000€ pour Grains de sel à Paris), leurs marges tournant entre 20 et 23%, leurs produits “Belle France” pour les clients pauvres, leurs Président, anciens de chez Franprix, le grossiste “Ethiquable” que l’on trouve aussi chez Carrefour, la centrale d’achats qui pointe son nez pour présurer les producteurs, et puis les salarié-e-s, “embauchés pour faciliter le lien et le quotidien de la structure”… puisque, bien entendu, nous sommes trop cons/connes pour fonctionner de façon autonome et responsable… (1).
Aller, bonne lecture.
Jean-Paul
(1) – A la rencontre INTERCOOP de 2019 où je suis allé, une salariée nous expliquait que sans elle, qui “fluidifie le travail des bénévole“, le Supermarché Coopératif de Nantes ne pourrait pas fonctionner… Il y a des coups de pied au cul qui se perdent !

[Discussions] Les Supermarchés Coopératifs…
Suite à vos interrogations…
En ce qui me concerne, j’ai eu accès au site de LSA sans payer !… et je ne suis pas abonné !
En pièce jointe le texte sous Word (il est gros et fait 6.3MO) de l’article qui met en avant les aspects économiques des Supermarchés Coopératifs.
Jean-Paul

Re: [Discussions]Les Supermarchés Coopératifs…
Bah oui, mais toi t’es Jean-Paul, ils ont pas osé te refuser l’accès !!!
Mais en effet, c’est instructif, outre les points que tu as relevés, on trouve aussi les mots-clés “équilibre financier”, “centrale d’achat”, “professionnalisation” (aaah, je l’adore celui-là), “chiffre d’affaire” et bien sûr “actions” (comme dans actionnaire, pas comme agir)…
Rappelez-moi, à la base, la FNAC, c’était une “coopérative d’achat” aussi, non? Ainsi que la CAMIF…
Bonne soirée
Saline

«Restez à distance» : cette injonction ne se discute pas. Elle sent la menace et depuis peu celle d’un virus. En réalité, la première fois que le mot «rester» entra en langue française, en 1174, il signifiait «arrêter», «ne plus bouger». Ainsi, «rester» à «distance» est d’autant plus impératif surtout si l’on sait que le verbe «rester» est issu de la même racine que «distance». C’est en effet du verbe stare, être debout donc, renforcé par le préfixe re- ici à valeur intensive, re-stare désignant le fait de se tenir fermement debout, de bien demeurer sur place.

Re-stare ou di-stare, là est la question ! Tranchons : ne bougez pas, maintenez-vous à l’écart… Instaurons une distanciation. Mais depuis quand peut-on user de la «distanciation» ?

Puis, avec l’épidémie du coronavirus 2019-2020, appelé là aussi en anglais Covid-19 en partant de l’acronyme de coronavirus disease 2019, «vid» correspondant à «virus disease», se confirmait la «distanciation sociale», en vérité traduction de la «social distancing». Celles et ceux qui regretteront l’acronyme anglais pourront se consoler partiellement en se souvenant que le mot anglais disease, maladie, ne date que du XIVe siècle et qu’il a été emprunté au français. Il faut y reconnaître l’ancien français, «désaise», construit de la même manière que «malaise» et propre jadis à désigner toute maladie, tout manque d’aise…

Pas de Proust, pas de Jack London, plus d’atelier d’écriture, et même plus de visionnage de comiques à la con, mes shoots à moi contre la spleen attitude ambiante. Concernant mes journées, j’veux dire les vraies, celles de dans ma tête elles – mes journées blog – ne démarrent pas avant 22 heures. Et se poursuivent jusqu’à tard. Je ne prends même plus le temps pour Pierre-Emmanuel Barré c’est dire ! c’est psychologique, vu que ses vidéos loukoums (à consommer sans modération) ne durent que deux minutes mais bon… rester dans l’axe, rester dans l’axe, rester dans l’axe ou m’affoler tranquille sur le canapé jusqu’à ne plus rien écrire.

Et ce voisin au loin, très au loin bâtiment d’en face… et sa lumière blanche aveuglante rien que d’ici, trois heures du matin. Mais changez votre lumière putain !!!! Elle sent la pauvreté. Elle me fait penser à la lumière de chez ma mère, la lumière spéciale de quand elle est devenue malvoyante.

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