Jour de confinement

Saison III – Épisode 34 – Une perception du temps

heeeeey !!!! J’ouvre les yeux et… 10H26 ! J’AI RÉUSSI À DORMIR !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Personne pour m’applaudir mais je suis content de moi. Depuis combien de temps n’avais-je pas dormi plus de trois minutes et deux secondes et demi d’affilée ? J’ai même pas souvenir d’avoir rêvé d’un cauchemar !

En même temps ! Ma perception du temps ! Depuis tout ce temps du confinement… Ma perception… Je la sens quelque peu en coupé décalée… J’sais pas pour vous mais, bon en même temps je m’en fous. Vous aussi ? ah ok vous aussi. Ah vous parliez de mes textes ? Ah oui mais ça depuis le temps j’savais, vous savez. En même temps, en même temps… j’vous parle pas, je parle à mes doubles, je parle à moi donc bon hein, vous le voyez venir non ?
Non ?
Au temps pour moi.
Sinon d’avoir passé une nuit enfin normale, forcément, a des effets sur le nombre de pompes réalisées. De deux à trois ces deux ou trois derniers matins, je passe à – au moins – cinq ou six pompes. Warrior. Je suis un warrior. La relève de Tyson Fury : c’est moi.

Une fuite du temps, peut-être. Je n’en ai pas souvenir, ou alors pas un grand plaisir, ce souvenir pour ne pas m’en souvenir. C’est vrai quoi, parce qu’avant hier soir, si je prends bien le temps d’y réfléchir, m’étais-je déjà tiré sur la nouille depuis le début du confinement ?
Ma gaule du matin me confirme que oui, j’ai bien dormi. « Bonjour, toi. »

J’ai entendu que ce confinement, chez certains, avait des effets dévastateurs sur leur slip propre, que ça tirait sévère sur l’élastique. Un peu comme moi par vagues à l’époque du RSA, quand je me faisais chier sévère. Perso, si j’excepte la dernière fois (qui remonte à la dernière fois) depuis combien de temps n’ai-je pas tiré sur la nouille ? Pour aller faire caca ça par contre, j’ai beau ne pas trop me faire chier (je fais en sorte), qu’est-ce que je vais faire caca.

Ma journée peut commencer.

Deuxième phase
Après le caca le beau soleil, mais avant le beau soleil mes notes que je commence à taper (en faisant caca), je pense à Vincent.
Vincent.
Le temps reprend vite son air du temps. C’est la débandade de la crotte. J’allume mon téléphone portable, pourvu qu’il n’y ait aucun message de sa femme…
« Après le caca le beau soleil ». C’est d’ailleurs de là que vient l’expression “l’herbe est toujours plus verte ailleurs”, Prévert s’en serait inspiré pour l’un de ses poèmes (“le soleil brille brille brille”). Enfin, si ça c’est pas encore de la digression. Mon axe, mon axe, ne pas oublier mon axe ! et ma route à l’amour même si elle doit passer par un arrêt technique à un moment ou à un autre.
Vincent, ouais. L’éclipse fut de courte durée, j’ai beau m’efforcer de chercher conneries sur conneries, portes de sorties, humour scatologique s’il faut tant que je ne pense pas trop à tout ça, et le soleil brille brille brille… le soleil le soleil le soleil penser au soleil… chaque déprime en son temps. Recherche de logements pour le personnel soignant de Saint-Denis.
11h. « On pense que la contagion s’est déroulée lors d’une sortie à la mi-mars à Brest… » (…) « la maire de Paris annonce pour bientôt 500 000 masques pour les Parisiens… » « Pour accompagner les Parisiens dans (l’enculerie)… dans le déconfinement… »


Bonjour,
À la demande d’Emmanuel Macron, des banquiers et hauts fonctionnaires ont secrètement proposé un plan pour l’hôpital public. Son contenu a été révélé par Mediapart et il est EXPLOSIF! (voir plus bas).
Au lieu de défendre le service public hospitalier, ils veulent cyniquement profiter de la crise du coronavirus pour accélérer la privatisation et la marchandisation de notre système de santé.
Nous devons absolument empêcher cela. En envoyant un email à Emmanuel Macron, le Premier ministre et le ministre de la Santé, vous pouvez contribuer à faire monter la pression pour que Macron fasse ce qui est juste : faire passer l’humain avant le profit.
Dites à Macron et son gouvernement de stopper IMMÉDIATEMENT la privatisation et la marchandisation de notre système de santé! Ils doivent débloquer un budget massif et pérenne pour le personnel soignant et les hôpitaux qui sauvent nos vies.
La transformation des hôpitaux en machines à rentabilité et à profit, c’est EXACTEMENT ce qui nous a envoyé dans le mur et ce dont ne veulent plus les soignants. Nous devons agir vite.

Je retape les notes du matin et.
*tilt* Une nouvelle idée nouvelle bouteille lancée à la mer… Je contacte ce site d’échange d’appartements, on ne sait jamais. Le site a lancé une plateforme pour proposer son appartement aux soignants, je propose simplement de mettre en relation les équipes de Humanoïde Exchange avec les hôpitaux de Saint-Denis. Quelques minutes plus tard je reçois une réponse automatique. Humanoïde Exchange (pas air b’n’b quoi) :

Bonjour,
Suite à une recrudescence d’activité dûe au Coronavirus, vous êtes nombreux à solliciter l’aide de notre service membre.
Le traitement des demandes par email peut par conséquent être plus long que d’habitude.

Je retape les notes du matin et.
12h32. J’entends mon voisin du rez-de-chaussée (Himmler junior pour les intimes) applaudir à tue-tête la télé, à fond comme trop souvent. S’il applaudit, ah, je sais pourquoi. J’éteins Nova et je tends l’oreille. En effet : c’est bien la voix de Marine Le Pen.
Vive le confinement dans le désert, loin de tous ces cons. Ma connerie déjà suffit, et la terre est assez polluée de nous autres cons et connes de France, d’Europe et du Monde de Bernard Lavilliers. Le volume du son est surélevé. « emmANUEL MACRON QUI ÉTAIT L’ACCUSATEUR PERMANENT… » (« CLAP CLAP CLAP BRAVO MARINE !!! ») (c’est crier de façon frénétique bien sûr) (c’est toujours crier de façon frénétique, les électeurs de Marine Le Pen)

Et voilà.
Comme d’hab…
L’interview est terminée depuis dix minutes… La télé est en sourdine depuis dix minutes… Mais voilà, ça commence. Il grommelle. Il gémit… Il y va de sa voix de Rambo… j’entends les mots « con » « con ! » « cons ! » « tous des cons ! » En général ça dure toute une journée, en tout cas jusqu’à la bouteille de Ricard le soir.

13h05. Ah ça c’est pas du tout habituel. J’entends Himmler ronfler, il a dû s’endormir sur la terrasse. Je ne me lève pas pour aller vérifier. Du haut de ma pyramide, je suis avec vous, je suis avec moi quoi, je préfère encore rester avec mes doubles que d’aller observer une minute de plus cette autre ombre et déchet du bâtiment. La mienne suffit, le mien suffit. Mon propre déchet qu’on dit, ah tu parles d’une figure de style. D’ailleurs, à ce propos, je vous raconte pas sa gueule au descendant du gaspacho allemand.

13h15. Je pue le mec confiné, aller me laver. Je vais laisser les infos tiens, voir ce que ça donne, mais à ne pas trop renouveler, j’ai vu ce que ça donnait sur mon moral les premiers jours.
Ce flash info, au bout d’un moment en fait très vite je décroche, je m’en rends compte quand le jingle « coronavirus » – qui suit le flash météo – me ramène à la « vraie » vie.
Je retiens trois informations :

  • « début de petite guerre froide » (propos du journaliste) « Si c’est une erreur, c’est une erreur, mais si il est avéré que la Chine savait et n’a pas fait ce qu’il fallait, délibérément, alors ils devront en répondre. 170 pays iraient mieux sans ce manque de communication. » (propos de Donald Trump) (du moins ce que j’en ai retenu de ma mémoire approximative)
  • « Parmi les 20 marins toujours hospitalisés jeudi, un est toujours en réanimation « depuis trois, quatre jours »

Plus tard, en allant consulter quelques articles, je lirai : « D’autres sont plus catégoriques. Interrogé ce samedi par France Info, l’amiral Alain Coldefy, ancien commandant de porte-avions, pointe du doigt cette fameuse escale brestoise. « Cette contamination est vraisemblablement arrivée de l’extérieur puisque le porte-avions et toute la force étaient partis mi-janvier […] et rien ne s’est passé pendant toute cette période, avance-t-il. Brest, c’est un endroit où il y a de nombreuses familles. Les élections municipales avaient lieu, il y avait certainement des gens qui votaient à Brest. » Le virus n’aurait ensuite eu aucun mal à se propager en raison de la promiscuité à bord du porte-avions où, « à des endroits, une vingtaine de matelots qui dorment ensemble sur trois ou quatre étages de couchettes », rappelle l’ancien militaire. »
(…) « Plusieurs marins ou proches de marins ont dénoncé, dans des médias français et sous couvert de l’anonymat, un encadrement dépassé par les événements. Un des militaires à bord du « Charles de Gaulle », lui-même testé positif au Covid-19, s’est confié à France Bleu : il accuse l’armée d’avoir « joué avec leur santé, [leur] vie ». Selon lui, des marins auraient signalé des symptômes dès l’escale de Brest et le commandant du porte-avions aurait alors proposé d’interrompre la mission, ce que le ministère des Armées aurait refusé. » (Plus tard, en écoutant la radio j’entendrai que c’est en fait 24 marins, dont 2 en réanimation, et non un tiers, mais deux tiers des marins du porte-avion)

  • « Il ne faut pas se débiner face à ce virus, il faut l’affronter la tête haute, Dieu est avec nous », a crié le chef de l’État à l’attention de croyants qui manifestaient contre l’avortement devant le palais présidentiel. Je rêve à un/e Robin/e des bois coronaviré/e et qui lui transmettrait le virus, à ce Bolsonaro de pute.

Une autre information, elle qui me surprend véritablement : je ne savais pas que les enfants espagnols avaient interdiction de sortir (c’est fou) et ce depuis plus d’un mois. Le 27 avril prochain, « normalement », fin de cette folie répressive (mais tellement « pratique », au cas où, mieux vaut, c’est comme ça, point, mes chers Espagnols, Espagnoles, et vive le gouvernement de Pedro « fils de Bolsonaro » Sanchez)

Troisième mi-temps
13h31. « Venez, approchez, respirez… Bonjour à tous. J’entends la mer. Peut-être avez-vous la chance de la voir, mais en tout cas vous n’avez pas le droit d’aller dessus ni sur les plages. Nous si… » Et. Je. Vous. Embarque. Tous… « Direction les Landes, à la découverte du Gouf. »

« Et la raison pour laquelle Cap Breton est le seul port de pêche des Landes c’est ce canyon, et la raison pour laquelle Hossegor est un haut lieu du surf c’est grâce à la tête de ce canyon aussi, où se forme une vague mythique qui s’appelle la Nord, qui est LA vague d’Hossegor… »
« Ce canyon, en quelque sorte a complétement modelé la société telle qu’elle est aujourd’hui. On est là grâce à ce canyon, à Hossegor et à Cap Breton, et donc c’est vrai que c’est un réservoir de mythes, mais des mythes à écrire. »

« Les gens ne savaient pas. Une vallée, un canyon de 300 kilomètres de long… »
« C’est maintenant que les gens commencent à se réapproprier ce canyon, à écrire des contes, les scolaires font des dessins, les gens inventent des choses, les gens se souviennent de choses qui n’ont pas existé… Il y a une espèce de naissance d’un mythe et ça c’est très réjouissant. »

Hugo Verlomme, à l’entrée du gouf : « On est dans le cul du Golfe de Gascogne. »

« Derrière nous, la chaine des Pyrénées – du caillou – et nous sommes encore sur du sable ici… ? » « Toute la plage landaise du sud aquitain, c’est-à-dire une longue ligne droite de sable qui fait 170 kilomètres nord/sud…. » « et à partir d’ici, de Cap Breton qui n’a rien de breton (…) on voit l’incurvation lente de la côte vers l’Ouest… on est tout au fond du bassin et c’est extraordinaire sur le plan géologique… le sable brusquement se met à tourner vers l’ouest… puis nous arrivons un peu plus loin à la sortie de l’Adour… et après l’Adour c’est la roche. On arrive à Anglet, on arrive à Biarritz, et là on est au pied des Pyrénées. »
« Et on voit d’ici la chaine pyrénéenne qui commence avec La Rhune (merci Nara pour la précision !), les trois couronnes, un peu plus loin le creux d’Hendaye et de Fontarrabie, qui montre le raixibet qui est l’une des premières montagnes du pays basque espagnol, qui se finit un petit peu plus à l’ouest vers San-Sebastián… » (bref si y’a des Basques dans le coin qu’ils se manifestent, si ce n’est “larrume” et “raixibet”) (« raixibet ? euh non connais pas par contre »)
« Et rien que le nom ça nous fait déjà un peu rêver, on se dit : c’est quoi ? c’est ouf ? c’est gouffre ? c’est de l’occitan ? »
« C’est un canyon, c’est-à-dire une longue vallée sous-marine, qui fait 300 kilomètres de long, figurez-vous. »
« Canyon très très particulier puisque moins de 3% des canyons du monde sont reliés au littoral, c’est-à-dire des canyons côtiers, et celui-là est l’un des plus remarquables. »
« Donc 300 kilomètres qui commencent tout près du bord (…) canyon qui descend lentement lentement le long de la côte espagnole jusqu’à la hauteur de Santander, situé juste après Bilbao, et à la hauteur de Santander, notre beau canyon fait un angle droit à 90 degrés et là, il va se perdre dans la plaine abyssale du Golfe de Gascogne, qui est à 4800 mètres. »

(18h40) (les yeux et le doigté rivés au fichier word) (l’oreille à l’écoute de l’émission) je tourne ma tête vers l’extérieur et… mais c’est un héron !!!!! ah non. Une corneille sur une antenne parabolique.

(18h44) (encore un hélicoptère qui passe en direction du nord) (et ça n’arrête pas… un deuxième… ce dimanche ça n’a pas arrêté…) (la direction du nord c’est en direction de Delafontaine)

« Allez ! Direction notre Gouf… qui nous anime… » « Et puis les mouettes !!! » « Alors… » «On va profiter de ce petit moment pour mettre le gilet… » “Ouais !” « J’ai coupé les moteurs parce qu’on est déjà, à peine sortis du port de Cap Breton on est déjà au-dessus du Gouf… c’est le propre du Gouf… On sort à peine de de l’estacade et on est déjà au-dessus de 50 mètres et à côté on tombera à plus de 200 mètres… en l’espace d’une marche d’escalier quoi ! » « Et il peut aller jusqu’à 3000 mètres… » « Exactement ! Si on va toujours plein ouest, à un moment… bah c’est les abysses quoi ! »

(18h58) (qu’est-ce que je disais ce matin…) (j’entends la voix torchée énervée du voisin au téléphone)

« Mais ! Mais on a du dauphin là ! » « En effet, et beaucoup d’espèces. » « On peut dire itinéraire de migration mais aussi, surtout, c’est une zone de biodiversité importante. On a donc des proies pour ces dauphins. »

(à chacun sa biodiversité la mienne est remplie d’ânes, de porcs, de requins, de blaireaux)

« On a de la sardine, on a de l’anchois surtout, qui a été protégé pendant quelques années et donc qui est revenu en grande quantité, et aussi le fameux chipiron (?), le calmar (merci), puisqu’on passe des abysses à la côte et cette verticalité attire beaucoup… »
« On voit des espèces tropicales qui remontent par ici, qu’on n’observait absolument pas avant, comme la Daurade coryphène, le requin-marteau, l’espadon, le voilier (?), les balistes (??)…le poisson-lune ! qui est devenu un habitant régulier du canyon, que les aquanautes observent très souvent en plongée. Tous ces poissons on ne les voyait pas il y a dix quinze ans… C’est un marqueur très spécifique et très clair du changement climatique. »

« Et des nouvelles espèces qui viennent à la place des autres… Et c’est vrai qu’on parle toujours des espèces qui disparaissent, mais ça a toujours été comme ça. Les espèces se sont déplacées en fonction des accidents climatiques ou géologiques. Ça bouge et ça bougera toujours. »

« C’est un formidable lieu de découverte ça, puis il a dit : « les gens se souviennent de choses qui n’ont pas existé… » c’est pas mal ça non plus… »
« On va poursuivre ce voyage dans le Gouf, mais avant laissons la voix de cet homme, que vous connaissez. » 

« Les canyons sous-marins ? Des hot spots de la biodiversité. À Cap Breton, on a des espèces de cétacés très peu connus comme la baleine à bec de Blainville. Ou le cachalot pygmée. Alors lui ! Il ne se nourrit que de céphalopodes et il a une particularité de l’évolution : il s’est fait lui-même une poche d’encre. Il peut cracher de l’encre pour se protéger de ses ennemis ou au contraire pour attaquer ses proies. On trouve aussi des poissons de roches, des crustacés, des homards, des langoustes, des tourteaux, des rougets grondins, des rascasses… On a même des mérous maintenant. Et puis si l’on descend plus dans les abysses, on trouve des poissons inhabituels comme le fameux régalec, le roi des harengs, ce poisson qui est un peu comme un serpent de mer… (c’est donc ça que Pierre avait pêché ???? trois ans plus tard une première piste !) On trouve aussi des requins-marteaux, des baleines, des cachalots, des orcs, des dauphins qui viennent manger toutes les proies… c’est-à-dire qu’il y a tout un biotope, un écosystème qui fonctionne assez bien… avec les créatures des abysses… qui nourrissent les poissons pélagiques, les poissons bleus, etc. qui passent par là… et ! et ! le fameux le mythique calmar géant, le kraken, et bien ce fameux calmar géant il habite dans le canyon et c’est vrai que c’est un réservoir de mythes extraordinaire… Il est un peu le symbole du canyon parce qu’ici on mange beaucoup de chipirons, de calmars, de seiches… le calmar géant lui ne tient pas dans l’assiette ! (18 mètres de long pour les plus grands spécimens) mais il faut savoir qu’il n’est pas comestible, car bourré d’ammoniaque. On peut même pas les approcher tellement ça sent mauvais. Parfois, les pêcheurs espagnols en prennent dans leur filet quand un calmar essaye de passer d’un canyon à l’autre et qu’il se fait prendre accidentellement en remontant la surface. »

13h57. « Ce gouf, pour moi, c’est comme un couloir qui mène vers le mystère. N’oublions pas que nous ne connaissons que 5% des fonds marins. Ce couloir, pour moi, il emmène vers l’Atlantide. C’est un symbole de tout cet inconnu océanique que non seulement nous devons découvrir et protéger, mais nous devons en faire partie ! C’est quand même extraordinaire de se dire que nous vivons sur une planète occupée à 71% par l’océan, et que l’on connait moins de 10% de cette biodiversité marine, et qu’on part sur Mars, qu’on connait très bien, etc. » Et Jupiter ?

15h19. Fin de la sieste.
Avant la sieste : un détour par la chambre je range le linge, les draps…
J’entends les deux filles de mon voisin avec leur papa sur le balcon d’à côté, je rêvasse, je pense à Noémie, je pense à ces choses qui ne sont plus, tout en gardant l’oreille attentive à ce que « l’amour en famille » se dit, et ça me fait du bien, et ça ne me fait pas du bien. J’y reste pour écouter alors m’allonger la fenêtre grand’ouverte, ça fera office de sieste, je ne l’avais pas prévue. J’ai rêvassé à l’après-lettre envoyée à Noémie, j’espère que cela n’aura pas chez moi non plus trop de répercussions. Je me rends compte que ce que j’ai fait de par cet acte, cette lettre, c’est s’engager.
Dans la vie, il faut toujours dire aux enfants de dix ans combien on les aime, sauf quand vous êtes séparés de leur mère. Quand vous êtes séparés de leur mère, leur dire simplement, à ces bouts de choux, que vous pensez à eux, et que vous les embrassez, mais de loin, c’est tout.

C’est clair. Si demain je tombe amoureux d’une nana avec enfant, je la plains déjà. Mon cœur risque d’être sacrément verrouillé pour son gamin.

15h25. Nara. Ma contribution à la fin du monde – Voyage(s) immobile(s) – Creuse
Salut St-Denis, ça va ?
Aujourd’hui, après le déj, pause café sur le balcon, quasi “dépaysante”. Bulletin météolfactif : Après l’orage d’hier, temps doux et humide qui fait un peu songer au pays basque. Moiteur de l’air chargé d’odeurs de terre, de végétaux… 
Couleurs : du gris-clair (ciel), du rose (pluie de pétales de cerisiers du Japon comme des confettis en temps de carnaval) du vert tendre (frondaison). → Impression d’être dans une expo de Damien Hirst (série Cherry blossoms
Ambiance sonore : Battle de cuicuis et, en provenance du HLM d’à côté, une femme qui fredonne une mélodie sans paroles, pleine de modulations, bruits d’ustensiles de cuisine en fond… ce qui me transporte direct dans un village africain.
En résumé : 1 expo et 2 virées le temps d’un p’tit café. Sympa.
Voilà pour le flash info de la mi-journée. À vous les studios.

Nara qui déjà m’avait écrit hier soir. Chouette, y’a pas que Ludovic pour entrer dans la danse du blog tous les 36 du mois.

L’insoutenable légèreté d’Homo sapiens (1)
Dans quelques millénaires…
… La Terre sera comme l’île de Pâques. Un passionnant chantier de fouilles. Des archéologues débarqués de quelque lointaine exoplanète tenteront de découvrir le mystère de la disparition de créatures* l’ayant peuplée… *Incluant un certain “Homo” autoproclamé “sapiens sapiens” (2 fois, rien que ça!) bien que…
… Homo, sur un arbre perché, sciait la branche sur laquelle il nichait. (L’idiot !)
Un vieux sage (n’ayant pas usurpé le qualificatif de “sapiens”) avait pourtant prévenu :
« La globalisation est un processus pouvant provoquer autant de nuisances que de bienfaits. J’observe aussi que le déchaînement incontrôlé du développement techno-économique, animé par une soif illimitée de profit et favorisé par une politique néolibérale généralisée, est devenu nocif et provoque des crises de toutes sortes… »
Voir l’article
Mais primo, les sages (vieux ou non) n’étaient pas chefs de tribus, et deuxio, les chefs de tribus étaient sourds à force de… on se demande quoi.
C’est ainsi qu’après les COP 1, 2, 3… 23, 24 25… s’égrenant de 1992 à 2019 après J.-C. (ou de -28 à -1 avant le Grand Confinement, selon le calendrier de référence choisi), il y eut la CO…
…VID 19 !
Un nom qui sonnait comme celui d’un sommet international, débutait comme celui des conférences précitées, n’était pas sans lien avec leur “flop” MAIS qui s’en distinguait en tout point et en particulier du fait de ses effets :
– immédiats,
– tangibles,
– radicaux…
Covid-19 = un nom qui sonnait le tocsin « Alerte Corona virus… », voire le glas d’un système, dixit certains éditorialistes confinés appelant au confiteor.
Pressentant le matricide, mère Nature avait flanqué une bonne fessée à Homo sapiens.
Mis au coin, le petit H. S. enfilait des coquillettes pour faire un collier de pâtes, jouait à “l’effet domino” avec des rouleaux de papier toilette, songeait parfois, scribouillait un peu, téléphonait beaucoup, skypait en sirotant du Schweppes (What did he expect?)… Bref, reclus dans son logis, il était réduit à tuer le temps à défaut de continuer à zigouiller maman à petit feu.
Non loin du frigo, Jiminy Cricket faisait le malin, stridulant tel le chœur d’une antique tragédie : « Stupide outrecuidance, cupide inconséquence ! » quand… un coup de Baygon le réduisit au silence. À la télé, la fée Choche prit le relais : « Vous savez quoi ? Moi, je ne sais pas utiliser un masque. »
« Pas d’humeur à écouter pareilles “carabistouilles” ! » vociféra H. S., écrasant du poing la télécommande avant de valider rageusement ses commandes sur Troudozone.com et Amajungle.us.
Pendant qu’H. S. se morfondait chez lui, on pouvait, à l’inverse, voir s’aventurer Riri, Fifi, Loulou sur le périph’, Bambi and Co en banlieue et même Moby Dick dans les eaux marseillaises (et ce n’était pas une galéjade). Les gazouillis des oiseaux redevenaient audibles même en milieu urbain… Tout était étrangement calme, sauf sur le front, où les bataillons du “care” suaient sang et eau, manquaient cruellement de boucliers et de munitions…

15h42. Je ne comprends pas. Je me regarde dans la glace et j’ai une cicatrice – très rectiligne – au milieu du nez, une franche cicatrice. Je me suis regardé dans la glace après la douche, et je ne l’avais pas. Je me la suite faite quand, mais surtout comment ?

15h55. https://www.youtube.com/watch?v=hu9HWb0408Y

Il fait beau. Es-tu au parc ? Dans la cour ? Joues-tu à la tablette ? Lis-tu un livre ? Est-ce que tu ris ? Est-ce que ça va ? Est-ce que tu aimes ? Est-ce que tu t’amuses ? Est-ce que tu fais la tête ? la grimace ? des blagues ? Es-tu impatiente ? Est-ce que tu boudes ? Est-ce que tu gagnes toujours aux batailles de polochons ? aux jeux de rapidité ? Et le dessin, la peinture, toujours pas ? Non ? Dessines-tu un peu plus ? Que fais-tu de plus, ou de moins, depuis l’école à la maison ? T’es-tu découverte une passion pour… pour ? Et des rêves, des rêves alors tu t’en rappelles ou toujours pas ? Et tes émotions ? Et des check, des check t’en as appris de nouveaux ? Et des gros mots ?? Des poèmes ? Et des blagues alors, t’en es où au niveau des blagues ? et du foot ? Et ton chanteur préféré alors maintenant, c’est toujours le même ? et la chanson ? Et ce groupe, tu le suis toujours ? T’as appris de nouvelles paroles ? Et ta radio du moment ? Est-ce que je te reverrai un jour ?

16h19. Je retape mes notes de CO2 mon amour et ah tiens pendant que j’y suis le site internet de France Inter propose une chronique de François Morel, qu’est-ce qu’il en dit l’ancien Deschiens ah bah oui forcément, forcément pff, on en revient toujours à la tendresse, d’te façon. https://www.franceinter.fr/emissions/le-billet-de-francois-morel/le-billet-de-francois-morel-17-avril-2020
Digressions, digressions, digressions… Il est en fait 17h52 quand je commence à retaper les notes de CO2 Mon amour. Dans ma tête, dans mes priorités de la journée, ça veut dire commencer la journée.

Je déteste ces journées à passer des heures devant internet et, allez, un dernier lien, et allez, un dernier lien, et allez un dernier lien…

19 avril 2020

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