La vie en vrac

La mouette de Tchekhov vit à Lannion en Bretagne

Ils jouent Les Trois sœurs de Tchekhov la semaine prochaine, Ils, la jeune troupe de la Nuit des Musées du Petit Palais, ce qui ne manquera pas de me replonger dans les souvenirs (finalement : c’est toujours comme ça : nostalgiques !) de môman comédienne du dimanche filmée par fiston chéri à la salle communale de Clichy.

Comme une corvée je le vivais, ce moment, cette pige gratos pour sa compagnie. Et moi je viens de me réveiller avec un drôle de message vocal. Le message : signé mon pote Jo de Bretagne, l’heure, 3 heures 30 du matin.

” ‘e suis un peu-ti-peu-bourré mais je t’appelle parce que je suis de passage à Brest et je vois une mouette là, et ça me fait penser à toi, alors je me suis dit, tiens j’appelle Guar, la mouette elle me fait penser à Guar…”

(!????)

Moi qui (évidemment) éteins mon portable la nuit, c’est un plaisir que d’allumer, démarrer, son téléphone portable par un fou rire (passé la crainte du « merde, un appel à 3h30 ! il s’est passé un drame »). Ça m’interroge tout de même, son message, surtout que d’habitude je fais davantage penser, je suis plus (+) pigeon que mouette.

Pourquoi Johan m’a parlé de mouette ? En quoi un Guar fait-il penser à une mouette armoricaine ? L’interrogation s’est envolé dans le ciel de mes doux souvenirs d’avec mon pote Johan, six cent jours plus tôt, au milieu de l’Océan Atlantique quand, au milieu de rien donc, une mouette apparut entre deux voiles, la misaine et la grand’voile…

(mais d’où venait-elle ??)

(nous étions à 800 kilomètres de la première terre)

(ce qui me fait penser à : https://youtu.be/o8R5f2kNo0A )

Bien sûr j’extrapole, et encore et encore c’est comme une ritournelle ça vient ça part ça s’en va et ça revient c’est la joyeuse parano du parano parano à la déformation professionnelle qui plus est et allez… va dans l’interprétation vaseuse va journaliste. Parce que sinon, c’est simple, c’est très simple, clair qu’s’il a pensé à moi devant une mouette, l’ami Johan, c’est parce qu’une mouette c’est la mer et juste la mer, et une mouette à Brest bah c’est à Brest et à Brest bah c’est à côté des Abers et les Abers c’était de là qu’on s’était embarqués, entourés d’une pluie de mouettes (et d’une pluie locale) un agité matin du quai de l’aber wrac’h, vers ces mouettes rieuses des Acores… voilà tout, la voilà l’explication, mais non ! faut toujours toujours que je m’imagine un signe de l’au-delà, un signe de maman. Maman maman encore maman toujours maman nan mais c’est quoi cette vie, là, une vie sans maman c’est quoi ! C’est de l’apprentissage encore encore et toujours et dans trois ans encore et dans trente ans et dans et dans… hmpff.

« La peur de la mort est une peur animale… Il faut la réprimer. Les seuls qui ont consciemment peur de la mort sont ceux qui croient en la vie éternelle, ils craignent à cause de leurs péchés. »

Fuck, fuck you Tchekhov !

« Tu peux parler Guar, mais (! putain il me parle, le ruskov me parle !) dans notre métier, artistes ou écrivains, peu importe, l’essentiel n’est ni la gloire ni l’éclat, tout ce dont je rêvais, l’essentiel, c’est de savoir endurer. Apprends à porter ta croix et garde la croyance. »

Eh ben. J’en crois pas mes oreilles.

30 mai 2019

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