La vie à Saint-Denis

Journées cinématographiques à Saint-Denis

Vingtième année du festival de L’Ecran. Cette année le thème : La vie est un songe.

1er jour, Gondry

Rues de Saint-Denis. Gris-de-Saint-Denis.

Dans ce froid polaire en direction du cinéma, je me réchauffe comme je peux dans d’ hachetés gants vieux d’il y a déjà deux ans, à Florence, dans tous les cas de meilleure qualité que des vacances d’hiver d’avec qui veut se rendre exclusive, possessive, et qui y arrive très bien, un premier, ou dernier jour de vacances, faut bien, faut bien tout gâcher. Non mais.

« Un joli paradoxe, La science des rêves fut le premier titre du livre de Freud (« L’interprétation des rêves ») alors que Michel Gondry déteste les psychanalystes ».

J’apprends que celui qui développa les lunettes 3D fut borgne, « un peu le Beethoven de ma stéréo ».

Michel Gondry, parmi ses clips réalisés, voir ceux de Lacquer, des Chemical Brothers et de Noir Désir.

« Une bonne idée n’est jamais loin d’être bête ».

Merde ! Ça me pète au cerveau. Parmi toutes les lunettes sélectionnées, une vingtaine tout de même depuis que je fais la tournée des opticiens, bah ces lunettes au choix numéro 1 ne ressembleraient-elles pas à celles de son H.H. ? (J’me demande m’tenant…) Ça fait des mois que je ne vais plus sur fb, n’ai pas revu sa photo, mais je me demande si… merde…

Dans le doute, mon choix ne portera pas sur ces lunettes.

2ème jour, les frères Larrieux

…le deuxième jour et toutes ces projections (cas de le dire) ne me font pas du bien. Je craque littéralement dans cette scène des montagnes pyrénéennes, au matin, avec les coqs de bruyère. Dans le film, ça fait cinq ans. Moi, seulement cinq mois et je me dis : la verrai-je avant ses quinze ans ? Que sera-t-elle devenue ? Ce n’est pas mon enfant. Je ne suis maître de rien, pas même décideur, si ce n’est de ne pas répondre aux instrumentalisations. Le thème cette année m’emporte moins que celui de l’an dernier (le voyage). Ce thème, cette année, m’emporte vers des colères intérieures, de celles où une femme aura préféré croire en ses « songes » plutôt qu’en la réalité, moi. Je sors de ce film bouleversé ou plutôt avec un gros mal de crâne – panoramique, le mal – certainement la conséquence d’avoir tant pleuré, tout en tentant de me contenir, du moins dans le silence. Un peu comme ces derniers mois. Parait que j’avance comme jamais. Je ne suis pas aussi catégorique que ma thérapeute. L’inquiétant, ma colère, omniprésente ; la mâchoire qui parle à la place du cœur. Un ovni présent. Tellement en colère, en permanence, depuis que je ne suis plus dupe, que j’ai compris, et compris que Noémie était au milieu, en plein cœur de la manipulation ! Depuis, depuis… les rendez-vous chez le dentiste se multiplient. J’fais du bruxisme à vitesse grand V, ou R (comme grande rage), et bientôt une gouttière. Tiens, encore une digression. Le film.

Dans ce film, le film se termine par une « désescalade » du grimpeur. Aujourd’hui, pour le tournoi annuel du club, je devais assurer l’atelier de désescalade. J’ai préféré la pénombre, loin du monde. Je ne me sentais pas la force. Les semaines me le confirmeront, et qui feront des mois, sans escalade, sans sport, sans rien, et ce refuge dans la nourriture. Ce message de « Noémie » (officiellement de Noémie) m’a replongé dans le perturbé, aussi les grandes colères. Ce message de Noémie ne ressemble pas à un message de Noémie. Saloperie de manipulatrice-mère, voilà ce qu’enfin, ah ça j’en aurais mis du temps pour comprendre, je comprends.

Le dégoût et la rage sont deux maladies qui bouffent. Ce qui m’inquiète c’est que ça ne décolère pas et dans mes monologues, enfin si c’était moindre, mais c’est reparti, et ça n’est jamais redescendu depuis ce 21 décembre, les sms. Le silence est le meilleur des remèdes, le remède se fait attendre, mais je sais qu’il est la solution, ce silence. Mon temps viendra. Ma sérénité viendra.

Apprendre, apprendre de mes stupidités.

La soirée me sera beaucoup plus agréable. Quelle magnifique expérience que ce ciné-concert, les musiciens venant s’inviter, imprégnant le film. L’amour est un crime parfait et, sinon, elle s’appelle Souane. Je lui ai proposé un verre après le film, elle est fatiguée. Demain : demain peut-être. Jusque-là, elles étaient plus jeunes. Là, elle serait plus vieille. Et toujours à la fin je prends. Je prends…

Lundi, sainte-Angèle

4ème jour. « Avec un plaisir qui n’a d’égal que la sénilité avec laquelle je tempère », dicton d’un auvergnat. « Il me l’a sorti y’a dix ans et je l’ai conservé, pourquoi, j’sais pas, mais c’est resté… »

A la sainte-Angèle, comme un symbole, et c’est plus important qu’une femme – qui je croise. Et j’ai, je trouve sans chercher ni apprendre quoi que ce soit de nouveau, confirmations. Les murs tombent. Plus je gratte, plus mes yeux s’ouvrent à… ses mensonges. Ses gros, son gros tas de mensonges. Normal d’avoir été méprisé. On ne peut que mépriser qui est pris pour un mépris, méprisé qui s’aveugle, ne veut pas l’admettre, et qui a pourtant des yeux pour voir, pour constater, et de la mémoire. Je fus méprisable. Je suis à me pardonner. Bref autre sujet, les dégoûts sont épuisés. Et la colère bientôt out, j’espère. Ah ! si je m’étais fait petite souris-fouine… ah ! si j’avais compris avant qu’une enfant n’entre dans mon cœur…

Apprendre.

Apprendre et apprendre sans s’aider d’aller piétiner, etc, fouiller dans le portable de l’autre, etc..

Apprendre de mon inquiétante naïveté, et d’état serviteur, c’est tout.

Quelques minutes avant de retrouver Martin, et de lui offrir ce magazine d’experts, Revues & Corrigés, noter vite à mon carnet de mémoires, en fait ce blog, et vive les médiathèques du 93 : L’Aurore ; Une étoile est née ; L’enfer des armées ; Napoléon, Abel Gance ; Ne croyez surtout pas que je hurle ; L’enfer blanc ; La rue sans joie ; La carrière d’une femme de chambre ; Nous sommes tous des assassins ; Le dossier noir ; Oeil pour œil ; Piège pour Cendrillon ; Elmer Gantry ; Cartouche ; Drôle de drame ; Stop making sense ; Kanal ; Le chat qui fume ; The Lighthouse ; Finis terrae ; The phantom light ; Le Tempestaire.

Edit : ce que je raterai du festival : Institut Benjamenta ; Nowhere de Gregg Araki ; Kairo.

Et surtout : retenir : Paul Schrader, scénar masterclass.

Au retour, bourré, totalement bourré de cette dernière soirée au Barnum. J’y vais de mes bouffes nocturnes, et lapsus, j’y vais de mon « je te hais comme je n’ai jamais aimé personne » avec Déborah, avec moi-même, avec mon assiette, seul. Comme un con. Un con d’haineux, en plus. Et qui parle seul, avec les ombres. Au fond, quand est-ce que je serai guéri ? Plus de cinq mois maintenant. Serait temps.

15 jours.

De ce festival j’aurai surtout apprécié L’Enfance d’Ivan. “C’est un film non sur un enfant pendant la guerre, mais sur la guerre à l’intérieur d’un enfant”, dira Jean-Paul Sartre.

Du reste, de mes notes, c’est un peu comme le reste de ce blog, manque d’énergies, de foi.

Une pause écriture.

Je pense trop à Déborah. Je pense trop à moi comme médiocre. Je pense que et je suis un enfant, un enfant qui a grandi dans une vie d’adulte. D’adulte incapable. Et, vrai, j’en mets du temps.

Aussi avec la dépression.

Aussi me taire, ici, internet.

Je n’ai jamais aimé les larmantins. Je n’ai jamais aimé vraiment me lire, ces derniers mois.

Ni les soirées de clôture. Même après un très, très bon film, comme Monos, film colombien, mais aussi argentin, hollandais, allemand, suédois, uruguayen, états-unien, suisse, danois, rien que ça, pour un film qui aura mis 4 ans à se réaliser, mais ça valait le coup.

Soirée de clôture qui se terminera au Hasard Ludique. Et me dire.

Et me dire que toutes ces soirées de célibataire, dans les bars ou autre, c’est quelque chose d’autre, pas forcément de mieux que des soirées de femme comblée d’avec nouvelle cible, si rapidement. Mais c’est quelque chose d’autre. Oui, me dire qu’au moins j’ai la possibilité de sortir, quand je veux sortir. On s’accommode comme on peut des petitesses. Fou, si rapidement… (alors nous n’avons pas vécu la même histoire) Ces soirées, c’est quelque chose de liberté c’est-à-dire d’espoirs en la suite, et qui sait si la suite serait une femme qu’on aimerait, et qui nous rendrait heureux, aller, soyons fous, rêver aux rêves les plus fous. Et putain qu’ils sont jeunes, tous, sur la piste de danse. Et putain que je ne suis plus jeune. Et putain que je pense que notre porte de sortie, je veux dire notre porte de survie passait par ses cours de flamenco. Son instant de vie, de femme-liberté. En même temps, cet instant de vie, chez elle… la stupide naïveté, chez moi… en aurait-elle profité pour sucer un flamenquiste en tout bien toute mauvaise foi ? Vu ses mensonges et dénis qu’elle a si bien déballé par la suite… et l’air de rien, en toute décontraction…inconsciente… indécence… la preuve par les faits et Guar n’étant plus d’intérêt… public ! privé ! peu importe tant qu’autre épaule et couillon, peu importe aussi la considération du beau-père, tant qu’autres intérêts… ah ! bref – passer à autre chose. Une pure égoïste, c’est tout. J’ai la naïveté de penser que, de notre temps, elle n’ait jamais passé à l’acte, la lucidité de me faire à l’idée qu’elle en a été attirée… …et me revient cette fois où, revenant de contrées obscures mes appels sonnèrent dans le vide, en cet été 2018. “Pas vu tes appels”. Tu parles, elle était avec qui ?

De l’histoire ancienne, tout ça, maintenant.

Et moi ce con. J’y cru. Inquiétante, inquiétante naïveté à travailler et encore travailler.

Et passe le temps, sur la piste de danse… Et tous ces culs se trémoussant, ces culs trémoussés… Et qu’est-ce que j’en ai à foutre…

24 janvier – 8 février 2020

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