Jour d'entretien

Jour d’entretien

Ces derniers temps, ça bouge, c’est mon troisième entretien en deux mois (je n’en avais eu aucun en deux ans).

Ou Deux heures moins le quart avant J.C. 

J : Jour J

C : Chkoumoune.

Jour d’entretien, donc. Dans cette ville qu’on appelle Villeneuve-le-Roi. J’avais postulé il y a un mois, ils m’ont répondu y’a trois jours. Youhou. Je vérifie mon itinéraire via Navigo. Ça me ferait 3 heures de transports aller-retour…

…youhou.

^^ Ne pas arriver en retard ^^

Je m’apprête bientôt enfin je vais pas tarder à me préparer (je finis ma première tasse de café) (et de me curer le nez) pour ne pas partir de chez moi trop tard, chouette pour une fois j’serai en avance ! Quand…

Un sketch ! Je suis poursuivi. Mon poursuiveur : la schkoumoune.

Toc ! Toc ! Toc !!!! « Monsieur Guar ? C’est le commissariat de Saint-Denis. »

« C’est pour des faits d’extorsion… »

(putain mais c’est pas vrai, putain, c’est quoi ? Ils sont venus pour m’embarquer ? C’est le père de Noémie qu’a encore manigancé sa merde ? qui me fait passer pour je ne sais quoi ?)

« Ouais on vient pour l’agression dont vous avez été témoin. »

Ah, c’est ça……………………………………………………… .

Et perceptions.

Comme si le Saint-Jenesaisquoi m’indiquait la voie, par subliminal message. (« Aide-toi…en arrêtant d’aider les autres ! Ça te met dans la merde ! »)

En prévision de mon retard

Depuis ce matin je tente d’appeler – au cas où, en prévision – la responsable de recrutement. Mon entretien est prévu pour 15h et je suis parti pour…être retardé. Les flics insistent pour que je les suive, j’insiste pour reporter « leur » entretien. En prévision aussi : l’heure et demi de transports entre Saint-Denis et Villeneuve-le-Roi…

La faute à des flics qui font leur boulot ! Et rapido ! Fou !

Le commissariat de Paris 17ème – arrondissement où a eu lieu l’agression – tente désespérément de me joindre depuis hier (en effet ma batterie hs). Résultat : illico ! Les flics de ma ville viennent voir si j’y suis, chez moi.

…pour transmettre ensuite le dossier au parquet ? envoyer le dossier à la greffière ? (manque plus que mon témoignage) (et de libérer les prévenus)

Ils sont toujours en gav. Je suis surpris. « C’est pas si grave quand même… ».

Deux sont connus des services, une nana, et le mec. Ils sont mineurs. En gav depuis mercredi soir, 22h30. J’ai pitié, je réponds aux questions et rédige mon témoignage à la va-vite, reconnais la photo des prévenus, etc. Ça les fera sortir plus vite. Voilà ! encore ! Mon couillon de caractère prend même en pitié des couillons ayant agressé qui ne leur avait rien fait.

« C’est de la pitié – ou de la miséricorde pitié ? » (voir Un jésuite devant Notre-Dame – bientôt en AUDIO)

Une robe de chambre et des poulets

Entre temps – de quoi être surpris…

Je suis en robe de chambre (je recopiais sous word mes notes d’hier soir pour le blog) quand à ma porte j’entends : toc toc. Puis sonner. Je regarde par le judas, la lumière du couloir ne marche pas. J’aperçois plusieurs faces dans la pénombre. « Qui est-ce ? »

« C’est la police ! Vous êtes bien Monsieur Guar… ? » (ça fait bien dit comme ça on dirait du Monsieur William)

Ils me parlent d’une affaire d’extorsion (je pense : extorsion de fonds…), et que la police me cherche depuis deux jours (putain ! Mais ils parlent de quoi là ? De l’agression dont j’ai été témoin avenue de Clichy ? ou le père de Noémie cherche encore à me nuire en inventant n’importe quoi ?) (j’ai fait quoi ? Merde ?). J’ai l’assurance de qui se frotte le gosier entre les dents, bref : mal à l’aise. Je suis surpris, ce que je dis aux flics. « Vous vous déplacez pour ça ??? C’est calme, c’est les vacances ? Y’avait qu’à me rappeler c’est tout… (…) J’ai pas rappelé parce que je n’ai plus de forfait sur mon portable c’est tout… »

Le commissariat de Saint-Denis (3 hommes et une femme) s’est donc déplacé, exprès, chez moi, sur demande du commissariat du 17ème… pour une simple tentative de vol d’un téléphone portable. Hé bé. OK. Ça surprend des flics qui font leur boulot.

Un toc toc et des signes de vie

Vu la morne très morne vie que je mène depuis – pfiou, bref long time ago – je le vis comme si un truc de fou venait de se passer. Un événement. Quelque chose. Il vient de se passer quelque chose, un truc qui bouge, dans ma vie. MA vie… ! Comme s’il y avait de quoi raconter, plus tard, à mes petits-enfants. Autour d’un pot-au-feu ou d’un bon vieux porno des familles (au rythme où les choses vont : attention instant moralisateur : les strings ça va avec les poils qui poussent, et les seins qu’ont poussés, pas avant. Et les petites filles c’est mieux avec des culottes de petits filles. Et travail, et famille, et partir plutôt que modèles ch’tis et marseillais à la tv).

En fait, ce sont juste des flics qui viennent de taper à la porte, c’est tout.

Bref, c’est simple, je la fais courte, tout ceci m’a mis en retard

Il est 14 heures et quelques quand je pars de Saint-Denis. Comment être dans leurs petits papiers, aux recruteurs, après ça ? J’ai beau leur expliquer (j’ai réussi à joindre la collègue de qui me reçoit, et qui va m’appeler – dixit), elle m’explique surtout qu’un autre entretien est prévu à 16h, pile à l’heure où je serai – enfin – là, selon monsieur RATP.

Un instant de réflexion plus tard : je les rappelle pour les prévenir qu’il est peut-être préférable de reporter notre entretien à la semaine prochaine, non ? « Non ». Ils se sont arrangés me dit-on, et me recontactent. Ok, ok… Je suis en chemin. Arrivé à Invalides, changement et direction la ligne C.

J’aperçois des agents SNCF. « Bonjour, pour Orly-Ville, c’est quelle direction s’il vous plait ? » 

  • Ah !…pas sûrs qu’il y en ait. C’est les travaux !
  • Le site de la RATP indiquait que ça ne concernait pas cette direction.
  • Attendez, je regarde ! (putain, dépêche-toi…)
  • Bon, pas grave. Merci je vais aller voir sur le tabl…
  • Non ! Attendez ! Je vais vous dire (mais vite, alors, vite!). Ce sera sur le quai B. Par contre il arrive dans 30 minutes.
  • PUUUTAAAAAAAIN !!!!
  • Euh… désolée.
  • C’est ok ! Merciiiiihhhhii…

Je suis moins pressé tout d’un coup.

Le temps de taper ces quelques notes, et de relire l’annonce, et mon cv, et ma lettre de motivation (c’est qu’à force de rien j’y ai glissé quelques petits mensonges).

A 15h24, je les re rappelle. Là d’ici 45 minutes, puisque 23 minutes d’attente du quai des Invalides, en plus du temps de trajet jusqu’à Orly-Ville. « Et des 15 minutes à pied que ça prend », me dit la collègue. OK. Merci. A tout à l’heure. Je refais mes calculs. J’ai envie de la re re rappeler ! Je n’y serai pas avant 16h30.

Ils m’rappelent toujours pas.

Je me retiens, l’impression de m’enfoncer si… puis, bon, ils doivent être pris avec l’entretien précédent (finalement) (finalement pré-cédé).

J’ai quand même failli le rater, ce foutu train « qu’arrive dans une demi-heure » (à force d’être dans mes notes).

Bah oui mais bon. Je l’attendais comme marqué préalablement à droite, et il est venu à gauche.

Toujours suivre à gauche, même en temps de crise (surtout en temps de crise). Au passage, en montant dans le RER, je crois que j’ai essuyé une insulte, ou alors une invitation galante à ma chère mère, d’un type, type clodo regard de cerbère et pupilles – défoncées – rouge vermeil. Qu’est-ce qui leur arrive tout d’un coup, à m’insulter, vouloir m’agresser ? Ça se voit, ça se sent ou quoi que j’tiens sur mes pieds comme un moineau tient (comme il peut) dans les mains d’un Géant ? (allez, encore un peu et tu ne souffriras plus, petit moineau)

A moins que ce ne soit adressé à quelqu’un d’autre. Vu ce que je renvoie ces derniers temps, j’opterais pour la pensée des plus chaleureuses de cet homme, à ma mère, ou à moi, ou aux Chinois bref à la Terre mère toute entière.

J’arrive à 16h20 et vous savez quoi ? ben ils m’ont fait poireauter jusqu’à 16h45 les salauds !

…et j’ai faim !!! Le paquet de chips pris à la va-vite ne me suffit pas. J’ai le ventre qui crie « famine ! c’est le temps des soviétiques ! » et faudrait pas qu’il y ait méprise, qui crie de faire taire Céline Dion. Hein ? Oui moi aussi je ne comprends pas ce que je note et dénote dans mes notes à vrac. La prochaine fois, me relire !

Entretien. Le Directeur de la com’.

Entretien de sa verve égocentrique, devrais-je dire. Il ne laisse personne en placer une, surtout pas ses assistantes « recruteurs ».

C’est que ça y va contre la couleur écarlate de la mairie précédente. J’écoute poliment, je souris stratégiquement. Le directeur général de la communication a un côté Parker Lewis qu’a pris de l’âge et toujours pas de poils.

Avant cela, dans la salle d’attente, un sketch, un sketch…

La secrétaire, le style antillaise (ou africaine) super sympa et complice me propose la dernière chouquette. « Ça tombe bien, j’ai pas mangé de la journée, merci ! ». C’est gobé et vite avalé. A temps. L’une des « recruteurs » (Evelyne) se présente à moi pour me signifier un temps d’attente. Une pomme (rouge) (vive le rouge !) est posée sur la table. Je la regarde. Elle me regarde. Je la regarde. Elle me regarde. Je la regarde. Elle me… Je sais que ça ne se fait pas mais je jure sur la tête de Jean-Pierre Marielle qu’elle m’a regardé ! Elle m’a fait de l’œil. Elle m’a fait de l’œil ! (la pomme, pas l’assistante bande de…) Je ne résiste pas, je demande si la pomme est à quelqu’un, si je peux me servir. (Je sais, oui…) C’est oui.

  • Merci.
  • A tout à l’heure.

La secrétaire (ma future pote si je suis pris !) me tend un verre d’eau et le journal local. « Pour vous préparer ». Et la v’là qui fouille dans le frigo, me tend un yaourt… Je refuse poliment. « La pomme suffira c’est de l’énergie. » Qu’un coup de barre ne me tombe pas en plein entretien ! (nuit difficile, pas réussi à m’endormir rapidement et réveillé à 4h30 par… putain, encore Emmanuel Macron) « C’est pas l’idéal quand on a faim, imprégnez-vous bien du journal, et quand ils arrivent cachez-le ici. Bonne chance ! » et d’un geste de la main : cœur avec les doigts. Ce que je signifie par un « love sur toi, mec ! ».

Je feuillette le journal municipal je m’imprègne donc, s’imprégner, s’imprégner ! Y placer Aéroport de Paris, voiries, foulées villeneuvoises, etc, se souvenir du nom du maire… putain, ils sont de quels bords ! Le con ! J’ai oublié de préparer l’entretien avec ces putains de flics ! (je l’ai quand même un peu préparé, depuis 48 heures par exemple je ne mange que des trucs qui ne font pas péter au milieu d’un entretien) De ma faute dans tous les cas j’aurais dû checker ça y’a des jours. Quel con ! Quel con ! Bon… vu le discours du Maire et leurs tronches de premiers de la classe ENA, je suppose à droite. S’ils me demandent et que je n’ai pas plus d’indication par le discours du directeur de la communication, je répondrai centre. Le centre, c’est à droite d’te façon, c’est botter en touche, c’est rouler de grosses galoches au vent actuel, et lui saisir l’arrière-train jusqu’à l’étron. Pardonnez ma vulgarité. C’est le temps, l’époque, moi, que je trouve – très – vulgaire !

La cravate de droite et la mèche rebelle

Entre gauche claire et mèche gauche à froncer.

J’inspecte ma dégaine dans le reflet de mon portable (putain, non !!!!! Une mèche rebelle !)…

Bah oui forcément…

…une mèche à droite, et gauche, en plus. Et à gauche. Et droite… Ou comment faire des efforts, des compromis comme on dit en politique, tout en étant trahi par la direction prise (et nature envahissante). Que faire ? J’me bave dessus (enfin sur la main) ça fera office de gel. Je pensais en avoir mis assez ! Foutu gel naturel ! La prochaine fois vive la chimie de chez cancer à venir.

(…toujours pas !)

(toujours pas)

(à droite, putain, à droite j’t’ai dit!)

(je parle à mes cheveux)

Je plonge les mains dans le verre d’eau, les plaque, et refout mon béret, histoire de les maintenir avant de passer à la casserolle à l’entretien. J’ai la coupe de cheveux d’un véhicule en fin de vie. On verra bien !

Bon…

L’entretien précédent se termine.

J’aperçois mon concurrent, c’est bon signe pour moi il est jeune, et noir. Depuis quand prend-on un jeune noir dans une mairie de droite alors qu’on a un p’tit blanc avec un peu de bouteille qui vous sourit, mirette ?

L’entretien se passe bien.

D’te façon, vu la journée… (je ne suis jamais aussi à l’aise que lorsque je suis dos au mur !) (la Jean-Claude Dusse Académie, c’est pour moi)

Je dis ; j’ai dit… que l’entretien s’était bien passé.

Jusqu’à…

…ah, bah oui, je l’ai dit, un sketch c’te journée.

Forcément, il a fallu que je bidonne mon CV

J’en ai mis du temps pourtant ! à le faire, le refaire, puis à m’y faire, à ce fait, de rentrer dans ce fait : le faussairiser. CV : à bidonner. Et pile poil au moment où je bidonne enfin mon cv, ben démasqué…

De ma dernière grande expérience terminée en juillet 2014 j’ai inscrit 2016. Et, forcément ! sur qui je tombe ! la nana qui m’a remplacé à *censured* en décembre 2014. La schkoumoune ! La schkoumoune ! Je m’en suis sorti par une jolie pirouette lancée par l’ami de Pécresse (le directeur de la com) (donc mon éventuel chef, donc quand est-ce que je te suce mec ?) qui dit que peut-être que j’étais en télétravail… ah bah oui bien sûr ! (« Ma mère étant malade je m’occupais d’elle et j’ai eu la chance d’avoir une cheffe compréhensive… ») bah oui ! Bien sûr ! (Merci de la perche mec. Toi ! Tu me veux ! tu t’es trahi en me rattrapant ! C’est moi que vous choisirez, je le comprends à l’instant) (à moins que Jocelyne ne recontacte des anciens collègues de *ploup, toujours censured*) (et surtout son ancienne cheffe que je pouvais pas piffrer) (bien qu’elle m’aimait, elle) (enfin officiellement) (humainement) (professionnellement j’en doute)

La dernière année, je n’y étais plus, enfin particulièrement la dernière année ! J’arrivais à n’importe quelle heure, je ne m’impliquais plus. Et ils en avaient marre de moi, à juste titre. Ma mère better than boulot.

Toujours est-il que des années plus tôt, quand je m’étais fait jarter comme un malpropre par Grand chef, et courrier postal en recommandé, recommandé reçu le premier jour de mes vacances d’été ! (qui coïncidait aussi avec mon entrée dans mon appart de néo-proprio ! Autant dire que la fête ne fut pas) elle m’avait laissé un très joli mot – qui m’avait touché, là, au plein cœur. Par la suite, je fus presque amical avec elle. En tout cas toujours très très hypocrite. Y compris aux conférences de rédac’, je la laissais dire, alors que j’avais possibilité d’imposer mes idées. L’hypocrisie, avec moi, c’est un sourire et beaucoup d’évitements – de distance on dit. Parce que faut pas déconner quand même. Je l’aimais pas, je l’aimais pas ! La fermer et passer pour un gentil garçon, oui, mais mentir, là j’avais plus de mal.

Pour la petite histoire, Grand chef, en me virant, chercha à sauver sa tête (menacé, il avait proposé au ministère de supprimer 10 contrats de plus = des économies en plus = j’étais l’un des derniers arrivés de la boite). Il me reprendra 15 jours plus tard sous la pression du personnel et de…cette cheffe, Clara, je vais quand même dire son nom, elle mérite mes hommages. Clara m’avait donc laissé un très joli mot quand elle apprit mon éviction (parce qu’elle était débarrassée de ma vue, oui!) (non…non…les démons me reprennent) puis je fus repris deux semaines plus tard, au retour de mes vacances. Vacances de merde, cela va s’en dire. (…ah ! et là, tu penses toujours autant de bien de moi maintenant que j’suis de retour !) (mes démons : mais non… elle n’a rien contre toi, elle) (c’est toi, Guar, qui a quelque chose contre…toi.)

Au fait, la com’ de Villeneuve-le-Roi ne m’a jamais rappelé. Et je ne les ai jamais rappelé.

Écrit le 26 avril

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