La vie en vrac

Jour de… Jour de…

Jour de saloperies à répondre ! J’ai été accusé l’an dernier, au moment où se jouait la garde de Noémie, des pires insinuations qui soient, un foutu classique ! par le père cette enflure…
Et d’être accusé de ça, moi, et sur la petite… ma petite belle-fille d’amour…

Des années plus tôt j’avais beau l’avoir précisé à ce con, que y’a pas de concurrence à avoir, que je ne serai jamais le père… Je crois que je serai toujours un prétexte, un symbole, un marqueur à marquer ! Et c’est gagné de lui, puisque je DOIS répondre. Jour de saloperies à répondre.

À l’accueil du commissariat je me présente et dis avoir rendez-vous avec la brigadier Machine. Regard de la standardiste vers l’écran, puis regard hostile envers moi ! Quand je dis que c’est gagné, des fois, ça inclut ce genre de désagrément. D’incertitude. L’incertitude de gens ne me connaissant pas mais ayant entendu parler de… d’un rapport… Il en faut peu très peu, très très très peu pour croire en les pires insinuations d’un pervers narcissique !

Dans l’ascenseur j’ai confiance, je sais qui je suis, je reste sur mes gardes, Brigadier machine ne sait pas qui je suis.

On me dit d’entrer dans le bureau des mineurs. J’entre et j’hallucine. J’y vais de mon premier courroux, me plaint qu’il n’y ait pas de bureau isolé. Ce service reçoit des femmes battues, des enfants battus, violés, humiliés, et il leur faut, en plus de leur courage, exprimer les violences ! les douleurs ! Les détails !!!!! les secrets ! les traumatismes… au milieu d’autres, au milieu d’un putain d’open space. J’enrage. Je veux les coordonnées de la direction s’il vous plait, je veux m’en plaindre c’est pas normal comment voulez-vous que les victimes s’expriment dans ces conditions madame…
Bref un courroux à faire passer dans la pommade. J’oublierai une minute plus tard ma demande, quand l’audition commencera. C’est que ça perturbe, tout de même, ces conneries. En plus de vous dégouter de l’être humain répondant au nom de Gros Ducon, père de Noémie, petit bout de fille qu’a rien demandé à personne, si ce n’est qu’on lui fiche la paix. Chose avec laquelle son père a du mal… C’est un peu comme sa haine et sa petitesse pour le reste de la planète… Je m’arrête je vais pas faire un rapport. 27 pages m’avaient assez suffi il y a des années, sur ces ordures, hommes ou femmes, d’ailleurs en l’occurrence mes recherches découlèrent d’une relation toxique d’avec une perverse narcissique et, non, non, en rester au père, mais pas trop, inutile, l’on sent assez bien ma haine de ce Gros Ducon. Inutile d’en lire et dire plus.

Je reviens à cette putain d’audition.

Ce qui me fait penser que je n’ai toujours pas commencé à vous la narrer.

Dégoût.

« Alors donc vous avez voulu étrangler votre femme… »

Entre deux hésitations (les miennes), j’entends celles de mon voisin… de table.

Un petit vieux. L’air fatigué, l’air même éteint je dirais. À peu près dix centimètres nous séparent.

Je réponds aux questions de Brigadier machine. Il répond aux accusations de Brigadier Truc. Mes oreilles y ont donc droit. Déjà que ça m’énerve quand les gens racontent leur vie dans le métro… (« Mais pourquoi vous vous êtes pas séparés ? »)

De cette proximité auditive je me plains à la flique la mienne, mon brigadier.

(« J’y ai pensé oui… mais le problème c’est la maison. On l’a acheté ensemble. »)

15 juillet 2019

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