Expos / Sorties

Gemito au Petit Palais

Gemito ! Magnifique ! Je ne connaissais pas… et l’une de mes plus belles surprises de ces dernières années d’expos. Bref Le sculpteur de l’âme napolitaine jusqu’au 26 janvier au Petit Palais.

Joueur de cartes, vers 1869

Joueur de cartes sa première sculpture… à dix-sept ans… bam. D’entrée.

Terre cuite, bronze, argile, encre papier…

Étude d’après nature (Petit Maure), 1870-1872, terre cuite

Gamin de rue, 1870-1872

Idiot, 1870

Tête de petit garçon, 1870-1872

Tête de petite fille, 1870-1872

Berger des Abruzzes, vers 1873

Tête de garçon, petit montagnard, 1870-1871

Le Garnement

La Veste paternelle

Brutus, vers 1871, ou Stupidicus Guarius

Buste de Francesco Paolo Michetti, 1873-1874

Buste de Giuseppe Verdi, 1873

“D’abord intimidé par l’attitude hautaine de Verdi, le sculpteur ne trouva l’inspiration que lorsque celui-ci se mit au piano. Ce magnifique portrait, l’un des plus beaux bustes de Gemito, représente ainsi le compositeur la tête inclinée, comme penchée vers les touches d’un invisible clavier.”

Buste de Domenico Morelli, 1873

Buste de Paul Dubois, 1879

Portrait de Guido Marvasi, 1874

Tête de Mathilde sur un coussin, 1878-1881

Pêcheur napolitain, 1877

“A 25 ans Gemito arrive à Paris, la capitale des arts, bien décidé à y connaitre le succès. Au Salon de 1877, puis à l’Exposition universelle de 1878, il fait scandale avec ce grand bronze, fondu à la cire perdue, de son Pêcheur napolitain. Le petit garçon nu accroupi sur un rocher choque par sa physionomie et son corps de gamin mal nourri, loin de la beauté classique que le public français attend d’une oeuvre venue d’Italie. Gemito introduit ainsi le réalisme de l’école napolitaine que regarderont Degas et Rodin.”

Le Pêcheur napolitain : “un crétin”, un “petit monstre”.

“Ce même reproche de laideur reviendra quatre années plus tard à l’encontre d’Edgar Degas, lorsqu’il exposera en 1881 sa Petite danseuse de quatorze ans.”

Autoportrait avec Mathilde Duffaud, 1881-1909, Sanguine aquarellée sur papier

Buste du baron Oscar de Mesnil, 1885

La Nasse

Gemito, ses amis, influencés…

Achille d’Orsi, Les Parasites (tête). “Deux hommes affaissés ivres morts sur une banquette dans la salle d’un banquet romain qui pourrait rappeler le Satiricon de Pétrone. Ce groupe extraordinaire, conservé au musée de Capodimonte mais trop fragile pour voyager, est représenté ici par la tête de l’un des deux personnages, conservée à l’Académie des Beaux-Arts de Naples.”

Achille d’Orsi, Les Parasites (tête), 1877

Antonio Mancini, Le Petit Prêtre, 1870


Medardo Rosso, Après une escapade ou Gavroche, 1882

“Cette tête de gamin souriant coiffé d’une casquette, tout en annonçant “l’impressionnisme” du sculpteur, vient directement de Gemito, au moment où ses oeuvres étaient montrées dans toute l’Italie.”

Edgar Degas, Étude de nu pour la danseuse habillée (Esquisse de la Petite danseuse de quatorze ans), fondu entre 1921 et 1931

Domenico Morelli, Femme à l’éventail, 1874

Giuseppe De Nittis, Madame De Nittis et son fils, 1876


Retour à Naples

Une dame à une autre dame. Une seule dame parle, je précise.

« Ah oui ah oui un petit peu de beurre…je mets un petit peu de beurre… et ça cuit très doucement…et ça cuit très doucement… j’avais jamais mangé de patates douces… j’avais jamais mangé de patates douces… c’est bon… c’est bon… allez… on a presque fini… on a presque fini… »

Je les suis elles vont à la folie (Retour à Naples, La folie).

« J’ai entendu qu’ils font de faux biftecks avec du camembert… et puis il le fait cuire quoi… il paraît que c’est très bon… » ça c’est un couple de vieux qui parle aussi nourritures.

Portrait de jeune fille, 1916

Portrait d’Anna Gemito, 1886

Portrait d’Anna

Portrait de jeune fille, 1913-1922, “premier original en bronze créé et exécuté de ma main”


La Source, 1915

Archer, 1908

La Source, 1912

Petit pêcheur sur un rocher, vers 1915

Autoportrait, 1915

Petite tête d’enfant, vers 1919

La Nourrice, figure féminine assise, 1889

Portrait de jeune femme (Orgueil), 1920

Jeune fille de Genazzano, 1915

Et c’est découpé tout en carré tu vois… c’est découpé tout en carré… c’est la technique du dessinateur c’est la technique du dessinateur… (devinez qui j’ai retrouvé !) c’est l’esquisse c’est l’esquisse… alors on a pas encore vu x2 t’as vu on y va x2 j’ai peur qu’ils ferment x2…

Gitane, 1885

Qui dit ça ça va s’en dire et ça s’en va s’en dire… les entends de moins en moins mais… « je crois qu’on appelle ça des bandes de toiles je crois qu’on appelle ça… »

Adolescent, 1923

Femme au châle, 1921, ou Amour. que je ne verrai pas vieillir

Tête de gitane, après 1881

La Maîtresse de la maison, ou Amour. contrarié que je ne verrai pas vieillir

Portrait d’Achille Minozzi, vers 1910



Coupe à la Méduse, 1920

Atalante (1925) et Coupe de mariage fleurie (1928-1929)

Narcisse, 1886, ou Halo ! sur la tranchition

Médaillon à la tête de Méduse, 1911

Tête d’Alexandre, 1920

Médaillon d’Alexandre, 1920

Buste d’Alexandre le Grand, 1920-1925


Buste de Psyché, vers 1883

Ce qui m’a fait du bien aussi, c’est de ne pas avoir trop pensé à Noémie et Déborah. Si, un peu Déborah, mais beaucoup moins que mes dernières sorties expos, ciné, etc. Apaisé le Guar. Je sors du musée et, ah et si je marchais. Le pont Alexandre III est beau. Il me fait penser à Budapest. Où nous avions marché avec Déborah. Bon si en fait je pense encore et toujours et encore et toujours et encore à elle…

Ce pont est vraiment beau. La lune ce soir je la regarde à peine. Un peu comme si je cherchais à m’en désintéresser.

En bas, sur les quais, une femme se déshabille derrière un auvent que lui tend un homme au type asiatique. Le résultat : une superbe tenue de madame style thaïlandais. De ce pont je pense aux gilets jaunes, aussi à cette journée de transhumance du Grand Paris. Un bateau-mouches passe, je pense à celle faite avec mon frère, sa famille, et…Déborah, Noémie… C’est moins coloré tout d’un coup les lumières de Paris, de la Seine. Ça l’est moins car ça est nostalgique dans mon cœur. Le mannequin asiatique est en tenue « 30° » et moi j’ai pas chaud sous mon cuir… là une bouche de métro Invalides. Non. Marcher encore. Je longe les quais jusqu’à y apercevoir un feu d’artifice. Où ? Pourquoi ? Je passe devant une péniche qui propose Paul Taylor en spectacle. « 30 euros ? Ah oui quand même. C’est les prix du marché du coin quoi ! » Paul Taylor que bien sûr j’ai vu avec… ! Tout me ramène à Déborah, d’te façon, inutile d’imiter les deux petites vieilles du musée avec mes répétitions à répétition, ou d’aller draguer, je suis toujours pas disponible dans ma tête. Je discute avec ce mec de la sécu, on évoque un sketch de Paul Taylor, je lui demande si au Sénégal ils sont aussi compliqués que les Français avec les bisous. « Nous c’est surtout qu’on parle beaucoup… et comment va ta famille… tes oncles… tes tantes… et tes cousins, et ton frère, et comment vont les vaches, etc. on demande pour tout le monde ! C’est dans les mots. » Et vrai qu’il est bavard… C’est pas pour me déranger, c’est d’ailleurs moi qui suis allé chercher contact humanoïdus.

Je rentre “direction Saint-Denis” mais n’ai plus de batterie, et je dois récupérer des places de ciné chez une nana de l’amap qui en vend, sauf que j’ai oublié son nom ! J’ai son adresse, j’inspecte les boites aux lettres, je sonne et sonne mais je ne retrouve pas la personne, je tombe sur sara, mais non, pas elle, je lui demande un conseil culinaire dans le coin, pas mangé de la journée, elle m’indique le couscous près du Pavillon ok alors ah ! mais oui ! Louise… C’est Louise, les places de ciné… Elle était au-rez-de-chaussée, ça faisait une demi-heure que je sonnais à tous les étages… bref j’ai mes places, prends un couscous, ne m’arrête pas devant le Pavillon ni d’autres bars qui me font de l’œil, car la semaine prochaine sera une autre histoire. Rentrer, écrire. Je croise ce type du musée Paul Eluard mais je ne le salue pas, puis se souvient-il de moi, puis ai-je envie de le saluer ?

Ce soir, la vue de la Basilique m’est moins jolie, p’t’être ce couscous de bas étage.

Qu’importe ce fut une belle journée.

Il en sera tout autre chose de la nuit. Déborah me poursuit. Déborah m’avait démontré des dons de voyance (enfin de discrétion), Déborah est marabout (moi qui pensais qu’elle y trouvait ses dons surtout dans mon portable). Déborah m’a envouté. Déborah m’a jeté un sort. J’ai un chat dans la gorge. (Et je ne veux pas savoir si elle…il… !!!) Je l’ai toujours. Maudit chat.

Il était 2h22 et je n’arrivais toujours pas à m’endormir, il est 4h44 et je ne dors toujours pas. Noémie est son assistante.

En ce samedi matin j’ai rendez-vous avec un ancien des Garçons Bouchers, pour visiter la maison de la légion d’Honneur, où il habite (mise en ligne prévue pour le siècle prochain). Je croise entre temps Max à vélo, il va à la coopérative, mais sans moi les habitudes du samedi matin, j’ai un garçon boucher avec qui discuter. Il est 11 heures et la Mairie sonne les cloches, comme quoi, quand j’veux ! J’peux être à l’heure. Deux heures plus tard, médiathèque, huitres sauvages de chez le Breton de la Basilique, et renter. Je pense à Déborah qui mange avec sa tante, j’espère moins malade. Peut-être la voit-elle avec son nouveau copain ? Ça aussi ça me ferait mal au cul tant de précipitations auxquelles je n’ai eu droit, moi, ou alors des plus sauvages, des plus inconstructives.

Et j’attendrai le soir.

J’dois être maso. Je mangerai des huitres à l’heure du soir et je sais que ça me fera irrémédiatement penser à elle, elle fille des îles et des Huitres, et qui doit être avec lui à l’instant même où… et se… et lui qui lui… enfin…

bon.

C’est normal…

C’est ma douleur, et elle seule, là à l’intérieur de ce corps-tex qui n’est pas normale. Personne n’est indispensable, personne n’est irresponsable, je suis personne et je n’étais pas personne.

8 et 9 novembre 2019

Un commentaire

  • Tchoky56

    Comme vous, par un article sur l’expo temporaire Gemito au Petit Palais, j’ai plongé – médusé (ah la référence à l’antique) – dans le catalogue sous la direction de Champion consacré à cet “esposito” de Naples. Et votre relation superbe en donne un reflet complet, réparant notre commune ignorance de ce géant du vérisme italien et – par ses figures des rues – de la démonstration à jamais intrigante des enfants perdus de la modernité.

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