La vie en vrac

Dedans les néons bientôt Noël

Enfin dans un mois.

Dedans les néons à retendre.
Dedans moi tellement tendu à l’approche de ce nouveau Noël que moi dedans boire boire boire la mauvaise habitude que je prends.

Une cousine m’écrit un gentil mot suite à l’histoire de la pâte à modeler. C’est peut-être rien pour les gens, les immodestes, un gentil mot, mais pour moi c’est comme France Gall ça veut dire beaucoup. « Parce que tu es sensible, mais fort. » Je crois que ma famille se préoccupe de moi et je crains qu’elle ait raison. « Ils ne s’attaquent jamais aux forts ». Lapsus !
Et revient ce mot, oh comme ces histoires se touchent d’avec Deb’, ce mot « circonstances ». « Ils se servent des circonstances pour se trouver des victimes et se sentir forts. Ce sont eux les petits ».

Immodeste. « Qui est sans retenue, déréglé », m’indique mon latin dictionnaire.

Malléable.

Aidant. Chômage.

En faire une chose. « Sa » chose. Sa « pâte à modeler ».

D’avoir été embauché pour ces motifs – je n’apprends pas grand-chose mais que Naomi, ma cheffe, s’en soit amusée… ça ! J’attends l’heure. Mon médecin a insisté : « Il va falloir la confronter. Vous n’allez pas pouvoir tenir sans rien dire… ». Trahir ou tenir il faudra choisir ! « Oui il faut se protéger et apprécier les gentils 🙂 ». Les gentils. Ça paye pas dans ce monde ! Se protéger oui…

Me protéger. Me protéger aussi de Deb’ et de son malin vice à vouloir m’exposer à la gueule de facebook son niou – well – amour. « Amour »… « Je refais ma vie avec qui… » « des valeurs similaires »… Ah que je m’aveugle des fois. La prophétie me l’avait pourtant dit : soit nous finissions nos jours ensemble, soit elle tombait enceinte avec le prochain.

Ulysse aux mille ruses.

Dans ce livre que je n’offrirai finalement pas à ma belle-fille (la mère risque de le prendre pour elle) (ma parano peur qui le craint) (la mère m’a assez montré et j’en ai assez souffert comme ça, d’être pris pour un danger en plus d’un « voyageur ») je pense que, au final, me trouver une Athéna. De ces déesses guerrières qui sortent « en armes du crâne de Zeus, provenance anatomique qui explique qu’elle soit aussi déesse de la Raison. » En plus je trouve qu’ils ont raison, les deux, là, enfin je me compare pas à Ulysee hein, mais : « Peut-être cette double vocation de combat et de réflexion l’incline-t-elle à la bienveillance envers son protégé Ulysse ». Ah bah merde ! (la définition suivante) (me parle aussi) J’ai pourtant un esprit Caliméro à combattre. Calypso : « Nymphe aux beaux cheveux régnant sur une des îles Ionniennes (…) De tempérament possessif, elle retient amoureusement à sa merci le bel Ulysse, dont on comprend qu’elle le considère un peu comme sa chose : elle l’a sauvé de la noyade. »

Déborah ma Calypso. Déborah mon amour, mon amour déchu, ma déchue. Mon amour au bord de l’impasse. Il y avait trop de virages à prendre, trop ou pas assez d’espaces à conquérir.

À cette calculatrice d’intérêts mâle, j’aurais au moins été utile à faire d’elle une nouvelle femme, enfin surtout une nouvelle mère. J’aurais été utile comme un Hermès qui fit la fermeture « hermétique ». « Ce qui de nos jours encore, permet de conserver les haricots sous vide. » Je fus vert comme l’espoir auquel elle voulut croire, je fus comme les faits auxquels elle voulut se donner.

De ce bar, je tente de lire mais des mots et surtout un visage des yeux, mouillés, me parlent. « Depuis que j’ai perdu ma mère… » je tente de ne pas écouter mais c’est fort, c’est plus fort…

…à la vie et au cœur, redoutables.

Je suis attiré par entrer en contact avec cette nana et son Bernie Bonvoisin de… mec ? Au départ, Bernie Bis, son sosie quoi quand il s’est assis, j’ai eu le regard noir. C’était pas contre lui, mais je me suis demandé je me demande maintenant s’il l’a pensé. Je pensais. J’étais dans mes pensées d’avec Déborah. Je repense. Je me relis. Cette nana. Cette nana de Bernie. Elle m’intéresse. J’y sens une sœur. Elle me touche. J’y sens une douleur franche, et vive. Et digne. De qui recherche, malgré l’atroce effroi de douleurs paralysantes, la retenue dignité, l’élévation. Retour des toilettes. Qu’est-ce que je disais… ah oui merde (j’allais écrire sur l’observation d’en faire et j’ai encore dérivé sur ma petite histoire mon petit cœur mon petit nombril).

Dedans les néons bientôt Noël. Dedans. Les néons. Bientôt. Noël…

Dehors. Dehors, la nuit, dehors derrière les néons nouveaux de fin d’année… De dedans la nuit dehors me fait penser à une nuit à qui l’on a tiré la lumière. La rue semble en sommeil. Comme une nocturne de chez Ikea, sauf qu’on est dans la rue Biot de la très populaire place Clichy. Tout à l’heure je me demandais s’il n’avait pas neigé. Je me sens plongé dans une atmosphère, tant je suis rempli d’atmosphère. La nuit semble – VRAIMENT – avoir mis ses habits de lumière en sommeil… Je la sens cette rue, plongée dans l’obscurité de l’aurore alors qu’il n’est que 21h33. L’aurore, l’aurore… aurais-je abusé de l’oreiller de la belle aurore ? À ce propos, ce pâté est très bon, mais qu’est-ce que je pète… Si je n’entends pas la conversation (à un mètre) de monsieur Trust et de Soeur-mère-de-Fuite je m’excuse tout de même de mes impétueux pets qui, si ce n’est déjà fait, ne vont pas tarder à monter dans leur for intérieur…
les pauvres.

Je finis ce livre, cette bonne bière, je suis pressé de rentrer à l’appart, pensant un peu trop à ce bout qui me reste d’oreiller de la belle aurore. Ou alors j’ai faim tout simplement. Mais je ne sens pas que j’ai faim. Les bières m’en rendent inconscient et ce prix est-il vraiment justifié ? C’est bon mais est-ce surtout envoutant ? Comme l’amour espéré d’une Déborah ? En plus j’adore la définition qu’en fait Yves Pommaux, page 79. « Ulysse réunit en lui un goût prononcé de l’aventure (voir l’épisode des Sirènes ou celui des Cyclopes) et un sens aigu du bonheur domestique. Alliage psychologique plutôt contradictoire et qui ne manque pas de charme ». Une préférence pour la dernière phrase. Je lis enfin je tente encore et toujours de lire, la conversation d’à côté est intense. La fille pleure. Le type (de ce que j’en comprends l’ancien mec de sa mère) va aux toilettes, et ses yeux à la nana sont rouges, j’ai envie de lui apporter mon soutien, ma part d’humanité (je pense à « pâte à modeler ») j’en profite pour me permettre… « Je me permets, je vous écoutais pas mais j’ai entendu deux trois mots et je voulais juste dire… que c’est une douleur que je connais et… » je mets une main sur mon cœur, ne vais pas plus loin. Mon cœur à moi aussi serré. Mes yeux aussi qui commencent, cernés de rouge. Je ne finis pas ma phrase. Il lui montrait des photos de… « C’est l’Islande ? ». « J’essaye juste de penser à autre chose » me répond-elle. (merde je me suis fait maladroit) J’en resterai là. Dans mon for intérieur désolé, sœur.

Tes yeux j’ai reconnus.

J’ai voulu m’y accrocher.

Désolé.

Désolé sœur si je t’ai blessé.

(en fait je crois qu’elle s’en fout royalement)

La lecture c’est Ulysse aux mille ruses. Rien d’un Ulysse tout d’un médiocre, mais en quête d’élévation et parmi mes ruses, celles de trouver le bon moment : celle de reconquérir Déborah. Cette vie commune, elle sera avec Déborah ou ne sera pas, c’est pas moi qui décide, les oracles avaient décidés quand, la première fois que je l’ai prise dans les bras j’ai pris l’amour et la folie ensemble avec moi. J’ai pris l’âme passionnée, aurait sculpté Bourdelle.

8 décembre 2019

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