La vie en vrac

Bière ! Et fraiche, merde

Ou La redondance du Saint-Nestor.

J’ai craqué, recontacté Déborah, insupporté par le fait de ne toujours pouvoir faire le ménage dans ma cave, condamnée, c’est caricatural, par ses affaires, ça déborde ! Et je me rends compte l’avoir recontactée juste un peu avant la saint-Nestor…
Elle avait l’habitude de m’appeler son « Nestor », moi j’avais l’habitude de mal vivre le fait d’être pris, trop souvent, pour un Nestor.
Et conséquences… de ma faute là encore. Dans son texto, elle m’apprend qu’elle lit mon blog. Et en souffre. Je craignais qu’elle soit revenu sur mon blog, je pensais qu’elle n’était pas revenu, vu son silence. Pas dans ses habitudes quand elle est colère, fâchée, de se faire silencieuse. Au fond, j’le sentais, la cinquantaine de textes hors-ligne le sentaient eux aussi. Que faire ? Je ne veux pas la blesser, je ne veux pas non plus répondre à mes habitudes, ni me soumettre à son pouvoir – encore actif.

En novembre, j’avais décidé de mettre tous mes papiers « déviés », bref ceux parlant de Déb et de Noémie, en ligne seulement un an après, histoire que personne ne comprenne, histoire surtout que, si Déborah tombait dessus, le recul prendrait le dessus dans son cœur, qu’il l’aiderait à ne pas l’atteindre plus que de raison. Je l’aime encore c’est fou. Je l’aime encore. Je la haïssais hier, et chaque jour ces derniers mois, chaque jour, chaque nuit, le pire c’était les matins, au parc mes monologues j’arrivais pas à les éviter… (un rêve me revient d’un coup ! moi lui disant « et dire que tu fais un métier qui apaise… ») J’avais beau me pencher sur la méditation, les respirations, non, je n’y arrivais pas… la mécanique… Je la haïssais hier et… Je la haïssais hier et savoir qu’elle est aujourd’hui calmée, malheureusement parce que j’ai exprimé mes colères, me calme. J’ai envie de lui écrire. De lui dire que rien… juste qu’il n’y aura pas d’autre papier. Pourtant je suis libre. Et j’ai à répondre à ma liberté. Avant tout. J’ai à changer mes habitudes. Hors-ligne donc, mais pas sans faire vivre mes vies. Mes émotions. Mes pulsations. Au fond je sais aussi ce qui m’a calmé. Encore une sale nouvelle. Une nouvelle de maladie génétique. Suis-je atteint moi aussi ? La patience, la patience encore et toujours la patience. Putain. Bière ! Et fraiche, merde.

Cette journée marque aussi ma dernière professionnelle avant d’en prendre – officiellement – pour dix-huit mois. Penser au présent, se dire que l’avenir réserve des surprises, pas toujours des mauvaises, penser au présent…

(« On ne fait pas du journalisme ! On fait de la communication institutionnelle, il ne faudrait pas l’oublier »)

Ma cheffe, cette chiraquienne en ce dernier jour officiel de période d’essai, est en congés. Connectée, twitterisante, appelante, mais elle est en congés. Elle me parle d’une note à mettre en ligne, enfin peut-être, peut-être aujourd’hui. « Une note de situation de l’agent public en regard des mesures d’isolement. (…) que faire en cas de mesure de confinement (…) tu vois où mettre ce papier… peut-être dans statut, carrière »… (hmm, où positionner cet article dans ce labyrinthe de site) (elle ne sait pas mais ne finit toujours pas sa phrase, c’est toujours interminable avec elle, les conversations). Je dis : c’est peut-être dans « cessation de fonctions ? »

J’ai pour réponse, d’un coup :
– ok, à plus tard !
Elle raccroche.

Y a-t-il un message caché ? Suis-je de ces ces gens qui décidément ne comprennent rien, avant de comprendre, quand tout se comprend…

14 heures. Tiens. Ils ont changés de machine à café. Tiens le café est plus cher. « Oui mais la machine est plus belle ! » Et des images défilent de… ? peu importe. C’est beau. C’est moderne. Et le café, il est aussi bon ? « Non. »

À la radio aussi non, à la radio mettre en off. Coronavirus, coronavirus… le seul coronavirus qui me paraisse effectif, c’est celui de l’après-Chichi. De l’avant aussi, d’ailleurs. Un être vous est sympathique et il peut faire les pires crasses, se comporter comme un délinquant, un ennemi de la démocratie participative, vous le célébrerez, tout de même. Le coronavirus en vérité, c’est Chirac. Le coronavirus c’est la mémoire des Français.

Moi me souvenir de ce jour. Je ne veux pas la blesser, juste m’aider donc : off. Hop, hors-ligne. À chacun sa manière de s’aider, de se soulager, d’avancer.

Ce jour est autre signe de mort – « mais ça ne signifie pas qu’elle va mourir jeune hein ! » (putain…) (mon frère, mon frère d’amour, que tu t’aveugles) et moi égoïste je pense au mien, celui qui me renvoie à dans dix-huit mois, jour de ma libération professionnelle. Après ça c’est décidé, me consacrer entièrement à l’écriture, un an. Au moins avoir essayé.

Je suis déjà mort d’te façon. Comme Ambre dans ce monde de fous, comme Ambre dans ce mondes de rentables. Putain, Ambre, petite Ambre, Ambre…

20 heures passés sortie de le boulot, gros dégâts dehors, une manif qui a dégénéré. Ça pue l’essence, le cramé, les scooters et autres par dizaines. Une manif contre un chanteur congolais pro-gouvernemental en représentation à Bercy. Je pense à ce type, un pompier, ou un flic, qui s’en prend verbalement à des congolais, qui s’en prenaient à des femmes. « On ne tape pas les femmes ! D’où qu’on vienne ! La femme c’est sacré, la femme ça donne la vie à un enfant ! On ne tape pas des femmes ! On ne tape pas des femmes ! » Je pense à ce livre, Le courage des autres d’Hugo Boris. Je n’ai moi pas eu le courage de gueuler, d’intervenir, simplement de filmer au cas où il y aurait besoin de preuves. Bien à l’abri je suis resté. Et quelle merde m’avait happé, ce 20 août, pour menacer qui j’aimais ?

C’est vendredi soir, c’est vendredi boire.

Ma thérapeute deux jours plus tôt, jour de la saint-Nestor, ma thérapeute s’inquiétait encore que je me déteste autant. Encore. Toujours. 37 et même ballets.

Et comment pourrait-il en être autrement ?

Dépasser cette éducation, ne point s’en complaire, ni du désert amical et familial, ou patauger dans la vase facile, la facile victimisation, mais être fort fort et surtout surtout sacrément audacieux.

Sur le retour – pourquoi ? La route était pourtant droite et la musique douce dans les oreilles, je repense aux mots, aux détails – pourquoi ? – que Ghislaine crût bon de me mettre dans une sorte de confidence, et ces mots, et détails, et les filaments du corps, et la maigreur extrême à tel point que… dix jours plus tard le corps est… pourquoi ? Quelle est cette chose que je renvoie en moi pour que l’on pense pouvoir se permettre, tel avec un objet, et moi qui resterait insensible à tout cela…

Je me demande si la violence latente, lancinante du quotidien, m’est devenu tellement banale que je ne la distingue plus, que je suis en elle, perdu en ses tréfonds, et je repense ne serait-ce qu’à ce mot « manigance » pour parler du nouveau copain de Déb’… et ma pote Solange qui trouva ce simple mot, ce petit mot, violent… et moi… bah moi…

« Manigance » pour moi c’est rien.

Soft, même.

(manigance c’est : « action secrète ou dissimulée, de peu de portée et de peu de gravité, faite pour tromper quelqu’un ou l’amener à faire ce que l’on veut. » Quand j’en lis la définition je me dis que ce fut bien dit)

Je suis épris dans ma violence. Je suis un oiseau des eaux pris dans la gadoue des cargos échoués. (hmm, la phrase digne d’Ab prod. Bon : dodo)

Bon.

Que décider que faire en ce samedi ? Aller voir Ruy Blas ? Ou alors y’a le cinéma ? Ghost tropic ou Dark Waters ? Un verre ensuite au Barbis ? Bof je risque d’y croiser encore et toujours des salopes du sentiment. Les filles modernes qui prennent l’autre pour une application, non merci, j’ai donné ces deux dernières ex d’années.

Ce sera finalement Truffaut et Décathlon. Putain. Même Truffaut sans elle c’est tout bizarre, c’est triste. C’était bien ces moments quand j’y repense, ces petits moments de couples normaux.

Rempotage – cuisine – écrire.

Bon, on respire un coup, on réfléchit…

Voilà, on est d’accord que le 29 février est une pure convention, un jour fictif qu’on a ajouté là mais ç’aurait pu être ailleurs, simplement parce que la période de rotation de la Terre autour du Soleil (24h) ne correspond pas avec la période du changement d’orientation de l’axe de la Terre par rapport au même Soleil (1 année) : l’année n’est pas un multiple de 24h, elle fait environ 365,25 x 24h.

Donc le 29-2, c’est un peu comme “l’heure en plus” ou “l’heure en moins” entre l’été et l’hiver, juste une astuce pour nous arranger (ou en arranger certains).

À partir de là, rien ne peut se passer un 29-2, jour qui n’existe pas, et surtout pas un 49-3, cette décision est nulle et non avenue. Nous n’en tiendrons donc pas compte demain, 1er mars, ni les jours suivants, non plus que de toute interdiction de rassemblement, de manifestation etc.

Heu… docteur? je me demande s’il ne faudrait pas diminuer ma dose d’anti-dépresseurs???

Amicalement
Saline

C’est vraiment n’importe quoi ce 29 février. Six mois d’abstinence et je m’allume une clope. Pourquoi ?

Le lendemain, la pluie reporte balade amicale avec l’amie Hasma et sa douce Jeanne. Sortir, sortir quand même, n’importe où mais sortir. Expo Je mange donc je suis au musée de l’Homme décevante. Je hais donc je suis.

Décevant peut-être aussi parce que j’oubliais qu’on était dimanche et que les musées moi, je les aime vides, je les aimais quand j’y allais en semaine.

Et cette phrase d’Epictète au mur de l’autre expo (“être beau”) : “Ce qui dépend de toi, c’est d’accepter ou non ce qui ne dépend pas de toi.

Bon.

Encore un week-end où je n’aurais vu personne, où je n’aurais partagé avec personne. Oh, si, tiens, avec Calimero.

Et ça dépend de moi.

Tout dépend de moi.

Et merde. Une bière, et fraiche.

Il est pas beau mon cul ?

Ferme de Saint-Denis representz 



Bref.

Nous vous remercions de l’intérêt que vous avez manifesté pour notre institut et notre annonce de poste.

Après analyse des très nombreuses candidatures (plus de 220) et l’examen attentif de votre lettre de motivation et de votre CV, nous avons le regret de vous informer que votre profil n’a pas été retenu malgré la qualité de votre parcours.

Vous souhaitant de trouver rapidement un poste à la hauteur de vos compétences et de vos aspirations, nous vous prions d’agréer, Monsieur, l’expression de nos meilleures salutations.

29 février 2020

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